Rites et coutumes de Noël en Slovaquie

Alice Hura – Charles Bugan

La Noël trouve son origine bien avant l’époque chrétienne. En Europe centrale, les anciens Germains, Slaves et Celtes fêtaient le solstice d’hiver, c’est-à-dire, le retour de la lumière.
Aujourd’hui, la fête de Noël est une synthèse des éléments du paganisme de la fête solsticiale, avec le culte du soleil, et de la fête de la nativité des chrétiens.

Cela signifie concrètement que la magie et les rituels de paganisme de ces temps anciens subsistent encore dans les traditions et les coutumes des villages slovaques.

Ordres et interdiction

Dans ces traditions et coutumes, nous trouvons, ce que l’on peut appeler les ordres et les interdictions.

Commençons par les ordres : à partir du solstice et jusqu’à la fête du nouvel an, les jours sont, en principe, irrationnels, mais, sous l’aspect pratique, ils sont positifs. La maisonnée en fête doit être pure, de même que les bâtiments annexes (étables, granges…). Les femmes, lors de la semaine qui précède la Noël, doivent rendre les objets prêtés, laver tout le linge, rendre tout plus pur et préparer le lieu pour l’arrivée des fêtes.

Passons au rayon interdiction : si, dans la maison, est suspendu un manteau de fourrure les jours de Noël, le bétail va périr dans l’année. Si, par contre, des vêtements sont suspendus, c’est le propriétaire qui va mourir dans l’année.

Autre interdiction : l’interdiction « magique » pour les femmes de travailler – filer, coudre, tisser, laver du linge – les jours de Noël. Ces jours sont, pour les femmes, jours de repos… sans reproche de paresse.

Quant aux hommes, ils ne peuvent pas travailler – couper du bois, pratiquer le travail avec le bétail…. Cela signifie donc que les travaux devaient être effectués plusieurs jours auparavant.

Le 24 décembre, veille de Noël, est le jour appelé Štedrý deň, mais en fait il a, en Slovaquie, plusieurs appellations.

Ces appellations trouvent leur origine avant la période chrétienne. Le « Štedry deň » ou « Štedrý večer », que l’on peut traduire en français par le « jour d’abondance » ou « jour de profit » ou encore « jour large », dans le sens généreux. C’est l’appellation la plus répandue et la plus ancienne. Il s’agit très probablement de la réminiscence de la fête solsticiale et du riche festin païen qui l’accompagnait.

Mais, dans certains régions slovaques, ce jour est appelé « Kračun », ancienne appellation de la « Soirée étoilée (constellée) ». On a aussi une appellation mais moins utilisée, qui est « Vilija ou vigilija » venant du latin « vigilia » – veille. (1)

Dans des villages majoritairement protestants du centre de la Slovaquie, nous trouvons encore comme appellation pour le 24 décembre, l’ancien nom « Dohviezdny večer » – le soir de l’étoile.

La veille de Noël concentre beaucoup de traditions : l’assurance de la prospérité, la santé et la fortune pour la prochaine année.

Le riche festin d’abord, il symbolise la richesse pour la prochaine étape de la vie et la religion chrétienne a accompli beaucoup d’effort pour supprimer ces fêtes païennes, en commençant par le jeûne du 24 décembre. En effet, ce 24 décembre, seul la viande de poisson peut être consommée le soir lorsqu’apparaît la lumière de la première étoile.

Cependant, suivant les différentes confessions, la composition du repas de Noël est différente.

C’est ainsi que, dans les familles catholiques, on respecte le jeûne et l’on fait abstinence de viande. Mais manger du poisson est toléré le soir lorsqu’apparaît la lumière de la première étoile. Il y a aussi la soupe de Noël, la « Vianočnà kapustnica », soupe de choucroute de Noël – sans viande – mais qui peut être accompagnée de morceaux de poissons fumés. Un exemple, à Vlkolinec, vous avez de la soupe aux petits pois avec des morceaux de truite fumée.

Pour les familles protestantes, il est de coutume de dîner la veille de Noël avec de la viande de porc, la « tlačenka », le fromage de tête (tête pressée) ou la « Vianočnà kapustnica » la soupe de choucroute de Noël aux saucisses fumées.

Mais, quelque soit l’obédience, en aucune façon, au dîner de Noël, on ne peut manger de la viande de volaille (2) « mäso spod peria » – viande de dessous les plumes – car la propriété, les biens, l’argent pourraient « s’envoler » comme les plumes s’envolent quand on souffle dessus.

Revenons aux catholiques pour signaler qu’ils mangeront la viande seulement après minuit, ou plus exactement, après la messe de minuit. Ils ont simplement déplacé le riche dîner païen. On appelle cet instant « obžerstvo » que l’on peut traduire en français par, « manger gras » ou « se goinfrer », c’est-à-dire que l’on mange à satiété.

Pour les boissons, on consommera du vin, de l’eau-de-vie. A l’apéritif, on dégustera la « hriate », la vodka chaude (spécialité slovaque) et aussi la « medovina » chaude ou froide.

Les fruits, frais ou séchés, occupent aussi une place marquante sur la table de Noël.

Les décorations du sapin de Noël

Au IXXe siècle, va se propager un nouvel attribut venu d’Allemagne, il s’agit de la présence et de la décoration du sapin de Noël avec des boules en verre.

Le changement, par rapport à la tradition slave, est que le sapin est posé sur le sol ou sur un support, tête en l’air. Chez les slaves, il pend au plafond de la maison et est placé au-dessus de la table. C’est un petit sapin, naturel ou fabriqué en bois, de plus ou moins 1 m, et la table est considérée comme « magique », c’est un endroit protégé. (3)

A ce « sapin », on y accroche des pommes rouges, des rubans de diverses couleurs, des biscuits ou des sucreries emballées dans des papiers multicolores.

On trouve aussi dans chaque maison des rameaux d’arbres verts (conifères), et dans certaines régions, on trouve une couronne de paille suspendue au plafond au-dessus de la table.

L’effet magique du repas de la veille de Noël

En Slovaquie, on attache une grande importance pour la préparation des plats de Noël. Chaque repas est particulier et symbolise le souhait d’abondance.

La magie numérique du repas épouse le principe de vivre dans l’abondance, en grand nombre, des quantités de produits agricoles.

Les produits typiques en grand nombre sont les grains de pavot, les lentilles ou les petits pois, pour avoir beaucoup d’argent.

Le pain aux fines herbes pour la santé et la prospérité de la famille.

Le menu de Noël se prépare avec sept ou neuf plats, chaque membre de la famille devant goûter trois cuillerées ou gorgées du plat afin de connaître l’abondance de repas toute l’année, … avec, en plus, une assiette vide sur la table du repas de Noël. Cette assiette vide est destinée au retour des âmes mortes !

Car si de nos jours il est parfois d’usage que le 24 décembre on dispose une assiette supplémentaire sur la table du repas de Noël pour un visiteur fortuit, l’usage ancien signifie lui que l’assiette supplémentaire était réservée aux esprits des ancêtres ou de la divinité domestique – le domovoï – le génie tutélaire de la maison des anciens slaves. (4)

Autrefois, les anciens croyaient à l’existence du retour sur terre des esprits des ancêtres au temps de Noël. Les gens avaient, dès lors, l’obligation de pourvoir aux besoins des âmes de ses morts, de ses ancêtres. Aussi ils croient que les âmes des morts sont, dès leur retour, à égalité et ont les mêmes besoins que les vivants. C’est donc pour cela que dans l’assiette de cet esprit, on place une cuillerée de chaque plat de Noël.

La tradition fait aussi que l’on porte un repas dans le grenier ou que l’on lance des noix dans le coin de la chambre ou des petits pois vers les murs de la chambre, cela symbolise la récompense pour l’esprit de la maison.

Cet esprit de l’ancêtre est une aide essentielle pour le futur de la vie de la famille. Enfin, la prière pour les âmes des ancêtres est aussi un élément du rituel pour le souvenir des anciens.

Le repas s’accomplit à la table et il n’est pas question de la quitter pour laver la vaisselle ou vaquer à une occupation domestique. A la fin du repas, on époussette juste les miettes, quant aux restes de nourriture, ils restent sur la table et seront mangés le lendemain – ce qui permet aux « esprits » bons ou mauvais, de se restaurer la nuit.

Il est aussi d’usage que les miettes, les restes du dîner de Noël soient offerts le lendemain aux domestiques et/ou aux animaux domestiques afin qu’ils aient une bonne santé.

Garniture de la table

La garniture de la table fait partie des principes protecteurs et de l’abondance. C’est ainsi que l’on trouvera sur et sous la table divers éléments.

Sur la table, on dispose une bougie, du miel, de l’ail, de l’oignon, du persil, du raifort, des fleurs de noisetier. Ces éléments symbolisent les défenses contre la magie noire. Le miel pour le bien, l’ail et le rameau vert pour la santé.

Sous la table, on trouve un autre moyen efficace de magie blanche, il s’agit d’une chaîne de fer. Elle entoure les pieds de la table où se trouve le repas de Noël. Cette chaîne symbolise la défense contre la désorganisation de la famille.

Une hache ou une bêche ou d’autres ustensiles des champs en fer, sont placés sous la table de Noël, sur un lit de paille, symbolisant la prospérité et le bon travail des paysans pour l’année à venir, mais aussi un souhait de bonne santé pour tous ceux qui sont assis à la table.

Les oracles de Noël

Si, dans une pomme coupée à moitié, on aperçoit les pépins en forme d’étoile, cela signifie la fortune, mais s’ils sont en forme de croix, cela signifie la maladie ou la mort.

Un oracle d’amour, pour les jeunes filles, consiste à disposer une petite bougie allumée dans deux demi-coquilles de noix vides et de les déposer dans un récipient contenant de l’eau. Si les deux coquilles se rejoignent, il y aura mariage, si non, ce sera le célibat encore pour un an.

Autre oracle pour le mariage, dans certaines familles, les filles, après le dîner de Noël, se tiennent debout, dos à la porte et lancent une chaussure derrière elles. Lorsque la chaussure est tombée, elle se retourne et regarde, si la pointe est dirigée vers elles, ce sera le mariage dans l’année, par contre, si c’est le talon, ce sera encore le célibat pour un an.

Oracle néfaste : si l’inclinaison de la flamme de la bougie posée au centre de la table du repas de Noël se dirige vers quelqu’un, il sera le premier à mourir dans la famille

Oracle favorable : une poignée de grains de blé, de lentilles, de petits pois, de pavot posée sur la table symbolise l’abondance agricole

Trois écailles de poisson ou de l’argent sous la nappe, symbolise l’abondance d’argent tout l’année (et il ne faut pas être pingre car plus on dépose d’argent plus on en aura …).

Tout objet placé à l’extérieur cette nuit était béni. On déposait des pièces de monnaies à l’extérieur, généralement sur l’appui de fenêtre. De la sorte, leur propriétaire ne manquera pas d’argent toute l’année.

Le menu traditionnel de la veille de Noël

Le dîner de Noël procède d’un rituel ancien et stable. La quantité du menu est de sept ou neuf plats.

1 La soupe – polievka (elle varie selon la région)

2 Des pâtes – cestoviny, halušky

3 Pâtisserie – gâteaux – pečivo – koláč

4 Les gaufres, en forme de grande hostie – oblatky, avec ail et miel

5 Les fruits – ovocie, noix, noisettes, pommes, fruits secs…

6 La viande – mäso selon le rite religieux

7 Les boissons – napoje, alcools, vins, jus pour les enfants
La table est dressée avec une nappe de fête et garnie des riches plats de Noël.

La tradition veut que la table soit garnie de tous les éléments du repas de Noël, de l’apéritif au dessert car, comme déjà dit précédemment, il est « mauvais » de quitter la table.
Le repas commence dès l’apparition de la première étoile (vers 18 – 19h00).

Le plat principal, dans toute la Slovaquie, c’est la soupe de Noël. Elle varie suivant les régions, là vous aurez une vianočna kapustnica de la région de Liptov (soupe de Noël à la choucroute avec de la saucisse et des bolets séchés).

Dans la région de Zahorie, vous aurez la soupe à la choucroute et lentilles ou haricots. Dans d’autres régions, ce sera une soupe de légumineuses (lentilles, haricots, petits pois) avec des bolets séchés et des fruits secs séchés (pruneaux…).

Vous pourrez aussi déguster la très archaïque soupe de céréales, le kysel, composée de grains de blé et de farine et au goût acidulé. Pour la région frontière avec la Hongrie ce sera une soupe de poisson.

Si pour le réveillon de Noël, on prépare dans presque toutes les familles slovaques la « soupe à la choucroute », de nos jours on peut aussi avoir du poisson frit avec une salade de pommes de terre – ce que nous appelons une salade russe – qui remplace le poisson fumé du temps jadis.

Le deuxième mets traditionnel de Noël, consiste en un plat varié de produits « farineux » comme les pâtes alimentaires, des halušky – gnocchis, des pâtons saupoudrés de pavot et/ou de sucre ou les « pirohy – pyrôžky » fourrés au pavot sucré.

En Slovaquie, il est aussi typique pour le repas de Noël d’avoir un dessert sucré garni de graines de pavot, l’opekance, suivant la région de Slovaquie,  (Bobalky dans la Slovaquie orientale), ce dessert peut avoir diverses appellations. C’est le repas de pâtes (gâteaux) cuites au four.

La plus ancienne forme de gâteau de Noël est la galette appelée kračun. Il est, à l’origine, préparé en forme de galette sans levure avec au centre un trou pour y déposer du miel. Ce miel est mélangé avec des graines, des légumineuses, afin d’assurer une bonne moisson pour la prochaine année, et aussi avec de l’ail et/ou du persil, qui sont les symboles de santé et une sécurité contre la magie noire, les mauvais esprits.

Si aujourd’hui, les gaufres sont une nouvelle forme de la galette de Noël et si elles ne sont pas toujours préparées à la maison, mais achetées au magasin, la tradition persiste néanmoins et l’on mange ces gaufres de Noël avec le miel et l’ail.

Les gaufres de Noël, les Oblatky sont aussi de la fête.

Jadis, plusieurs semaines avant la Noël, les galettes étaient préparées par l’instituteur de l’école du village ou de la ville. Les jours qui précèdent la Noël, il les distribuait aux élèves pour le panier de la maison.

D’autres pâtisseries de noël existent. Elles sont très variables suivant les régions et ont plusieurs appellations. Il y a la tarte Strudel, le gâteau en forme de tresses – Vianočka, les gâteaux en formes d’animaux, de bétail ou d’oiseaux (plus particulièrement dans les régions de l’est de la Slovaquie) ou encore les Medové koláčiky (ou medovník ou medovníčky), les gâteaux de pain d’épice en forme de figures du bétail domestique ou de symboles de Noêl.

Les femmes cuisent toujours au four le Štedrak, gâteau très populaire et gâteau de tradition qui représente le gâteau de la largesse. Il s’agit d’une pâte au levain avec cinq feuilles et quatre farces (5 + 4 = 9). On y retrouve une farce composée de confiture de prunes, une de pâte de noix, une de pâte de pavot et une de pâte de fromage blanc, le tout symbolisant le souhait de prospérité.

Le folklore, le chant et le spectacle

Pendant cette période, nous avons les chants sous la forme de la koleda. (5)

Après le dîner de Noël, les jeunes hommes se réunissent, ils déambulent dans le village et ils chantent sous les fenêtres des maisons. Ces chants comprennent les souhaits de santé et de prospérité pour la nouvelle année qui vient. De nos jours, la koleda est souvent mixte et les chants comprennent aussi des chants chrétiens.

Pour recevoir la visite du groupe de chanteurs de la koleda, le propriétaire prépare des gâteaux.

Le spectacle « Jeu de Bethlehem » (Bethléem)

Jadis très populaire, la tradition du « Jeu de Bethléem ». C’est un spectacle d’origine religieux du Moyen Age, avec comme sujet, la naissance de Jésus à Bethléem. Mais, en Slovaquie, ce spectacle est enrichi de beaucoup d’humour spécifique au peuple.

C’est un jeu de groupe, pour cinq personnages : des garçons ou des bergers.

La principale structure pour ce jeu est le rôle du berger en chef, Bača et un trio de bergers qui s’appellent Kubo, Stacho et Fédor et, comme cinquième personnage, un ange qui porte une petite crèche de Bethléem ou une maison ou encore une église.

Le Jeu de Bethléem se déplace dans tout le village et le groupe joue et chante dans chaque maison. Le propriétaire prépare des gâteaux ou une récompense.

Kubo est un homme pas très propre, jovial, un peu « benêt » revêtu d’une veste de mouton à l’envers, personnage mi-homme mi animal (le chien du berger).

A un moment de leur danse, Bača, Stacho et Fedor vont former un triangle, tenant leur bâton à bout de bras et Kubo se trouve au centre, sous la protection des bâtons des bergers.

N’oublions pas qu’auparavant c’était une période où les bergers n’avaient pas de travail et cette « représentation » riche en humour populaire – la télé n’existait pas – leur rapportait quelques nourritures – fruits secs, viande gâteaux – ainsi qu’un peu d’argent.

Le Jour de Noël, le 25 décembre

C’est un jour de congé. On célèbre la fête de la nativité de Jésus, les familles se souhaitent bonheur et bonne santé et la koleda chante les cantiques de Noël.

Jadis, le matin, un membre de la famille apportait de l’eau fraîche du ruisseau. On y trempait un rameau d’arbre où les perles des gouttes d’eau représentaient les membres (en nombre) de la famille. Ce rameau était déposé dans la chambre.
Dans cette eau, on ajoutait des pommes, de l’argent ou du raifort et on lavait tout dans cette eau.

L’argent symbolise la prospérité, les pommes la santé et le raifort la force (pour être fort). Le tout, lavé, symbolise la cohésion de la famille.

Le repas de ce jour de Noël est riche en viande de porc et surtout en porc fumé.

Notes

1 En Belgique, le 24 décembre est une vigile donc un jour d’abstinence. Les plats consommés avant minuit durant la nuit de Noël devaient être des plats maigres.

2 Peut-être y aurait-il une relation avec des traditions celtes et/ou slaves car des archéologues ont découverts dans les nécropoles de Mikulčice et de Prušánky des squelettes et vestiges de l’avifaune. A Mikulčice, l’étude exhaustive sur les vestiges d’oiseaux a été menée et l’on remarque que les oiseaux majoritairement représentés sont des poules, des canards et des oies domestiques. Ils devaient donc entrer dans les pratiques funéraires des Moraves entre le 9e et le 10e siècle. (Mlikovsky 2003)

3 Si vous avez vu la « Noël de Shrek » vous aurez remarqué que le sapin est dans cette position.

4 Ce génie tutélaire de la maison est, souvent, le premier propriétaire de la maison (celui qui l’a construite) qui a sa mort se transforme en serpent blanc – en belette blanche pour la femme – et que l’on retrouve étendu au pied de la porte d’entrée. En Slovaquie, le seuil de la porte est une partie en bois en relief qu’il faut enjamber, et c’est là, à la porte d’entrée de la maison, que se trouve le domovoï, le protecteur. Il va protéger, la maison et les habitants, des incendies, des accidents domestiques, des maléfices…. Il s’agit de « bons » esprits de la maison, parfois malicieux, ils jouent des « blagues », ils déplacent des objets… – certain, chez nous prierons à cet instant saint Antoine !

5 La koleda est un groupe musical composé le plus souvent de chanteurs et chanteuses parfois accompagnés par des musiciens qui jouent de l’accordéon, du violon, de la fujara…

Sources

Ľudová kultúra. Zuzana Beňušková. Kultúrne Krasý Slovenska. Dajama

Malý lexikón ľudovej kultúry Slovenska. Kliment Ondrejka. Mapa Slovakia Bratislava 2003

Slovenský rok. Receptár na dni sviatočné všedné i pôstne. Ratislava Stoličná-Mikolajová. Vydavateľvo Matice Slovenskej. 2004

U nás taka obyčaj. Slovenské ľudové tradicie. Vojtech Majling. Computer Press, Brno. 2007

Slovenský rok. V ľudových zvykoch, obradoch a sviatkoch. Katarína Nádaská. Ed. Fortuna Libri. 2012

 

 

Vianočnà kapustnica, la soupe de choucroute de Noël

Alice Hura – Charles Bugan

La soupe à la choucroute – Kapustnica polievka – est une institution en Slovaquie. On peut la déguster toute l’année mais en période de Noël elle revêt son costume d’apparat et devient la « Vianočnà kapustnica », la soupe de choucroute de Noël aux saucisses fumées ou accompagnée de morceaux de poissons fumés, truites par exemple.

La recette

Ingrédients :

40g de lard fumé
70 gr de beurre
50 gr de farine
1 oignon
2 gousses d’ail
2 c. à café de paprika doux
250 gr de choucroute
1/2 c. à café de cumin
10 grains de coriandre
1,5 L de bouillon de viande
2 pommes de terre
200 gr de crème culinaire
200 gr de saucisson – klobása
sel, poivre

Préparation

Coupez le lard en petits morceaux et faites-le fondre avec 20 gr de beurre dans une grande marmite,

Coupez l’oignon et l’ail en fins morceaux et y mélanger le paprika doux, les ajouter avec la choucroute et le cumin au lard, salez,

Ajoutez 75 cl de bouillon de viande, le coriandre et portez la soupe à ébullition,

Dans une cocotte, préparez un roux avec 50 gr de beurre et 50 gr de farine, le diluer dans 75 cl de bouillon de viande et faites chauffer à petit feu pendant 15 min. environ,

Ajoutez les pommes de terre épluchées et coupées en petits dés et cuire encore pendant 15 min. env.

Ajoutez à la soupe, bien mélangez,

En fin de cuisson, ajoutez le saucisson et ensuite la crème culinaire,

Rectifiez l’assaisonnement éventuellement.

NB : le klobása est un saucisson au paprika légèrement fumé.

On peut aussi ajouter des pruneaux à la préparation.

L’église Saint-Martin à Martinček

Mgr Alice Hura – Charles Bugan

Le village de Martinček, Petit Martin en français, est situé à 5 km au nord-est de la ville de Ružomberok. Là, dans ce petit village paisible, se trouve une petite église de campagne, construite en 1260, remarquable par ses peintures murales datées de 1300.

Saint Martin est fêté le 11 novembre. Dans l’ancien calendrier, la croyance veut qu’il symbolise l’arrivée de l’hiver, tel saint Martin sur son cheval blanc. En Slovaquie, pays de montagnes, à cette date correspond normalement, la chute de la première neige et les derniers bergers rentrent au village.

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1 Histoire du village de Martinček

La petite agglomération de Martinček et son ancienne église ornent les premiers contreforts du massif de Choč dans la région de Liptov en Slovaquie septentrionale. Ancienne église seigneuriale du château-fort de Likava, déjà connue en 1332 sous le nom de Sanctus Martinus de Liptovia. Située au point culminant du versant est de la montagne chauve Mních (Moine en français) laquelle est occupée depuis l’âge du Bronze.

Au XVe siècle, il n’y avait pas de maisons paysannes connues. A la fin du XVIe siècle, le terrain où se trouve l’église appartenait alors à un cadastre parcellaire (aménagement du territoire) du village de Likavka, situé sous le château de Likava et un prêtre servait pour les habitants de ce village.

Le village de Martinček fut fondé après 1600. Dans le cadastre du domaine de Likava en 1625, le village de Sväty Martin – Saint-Martin y est mentionné. Les habitants étaient surtout des agriculteurs et étaient dépendants du château de Likava. Ils étaient obligés de ramener au château 6 chars de la récolte d’oignons.

Plus tard, le village s’est élargi sur les pentes de la colline Mních – Moine, sur les hauteurs du village et sur le versant est que domine l’église catholique romaine de Saint-Martin évêque.

Aujourd’hui, le village de Martinček, situé à l’altitude de 580 m, compte 390 habitants.

On aperçoit l’église sur la route principale reliant les villes de Ružomberok à Liptovský Mikuláš (anciennement Liptovský Sväty Mikuláš – Saint-Nicolas de Liptov).

Le village de Martinček, fondé après 1600 sur le domaine royal d’un terrain du village de Likavka, entoure l’église de Saint Martin qui donne son nom à ce petit village dans sa forme de diminutif : Martinček – Petit Martin.

2 L’église Saint-Martin

La fondation de cette église est datée vers 1260 sous le règne du roi Béla IV (1206 – † 1270 et, selon la légende, est attribuée à l’ordre des Templiers dits les Chevaliers rouges surnommés ainsi selon la croix pattée rouge sur le manteau qui les couvrait.

Les dernières découvertes de 1999, lors de travaux de restauration, permettent d’affirmer que les peintures murales à l’intérieur de cette église, parfaitement conservées en majorité, peuvent être datées au plus tard de 1300/1320. Lors de la Réforme au XVIIe siècle, ces peintures murales ont été couvertes sous des couches d’enduit de chaux lorsque l’église a été aux mains de l’Église évangélique luthérienne (probablement en 1610 ou en1669, selon des dates signées sur le mur oriental du sanctuaire).
À l’époque, les puissants seigneurs protestants Illésházy gouvernent la région du comitat de Liptov et de Trenčín.
Légende ou réalité ?

La colline Mnich doit l’appellation de ce lieu à une ancienne légende qui raconte qu’au début du XIIIe siècle, un ermitage ou une commanderie templière y était construite. Cette légende a donné l’appellation topographique Mnich, qui signifie Moine en français, à cette colline.

A ce jour, en l’absence d’écrits l’attestant, nous ne pouvons affirmer cette présence mais, sans écarter complètement cette hypothèse, nous pensons qu’il est plus que possible que l’église était la propriété du château de Likava.

Extérieur de l’église

Le bâtiment est composé d’une nef rectangulaire couverte par un plafond plat, d’un chœur à chevet plat, d’une sacristie et d’une tour-clocher à l’ouest accessible par l’intérieur de l’église.
Le toit est couvert de bardeaux.

Sur le chevet, une remarquable fresque de la Crucifixion. Détail particulier de cette Crucifixion, les anges qui se trouvent aux extrémités de la partie horizontale de la croix tiennent d’une main l’avant-bras du Christ.

Intérieur de l’église

Le sanctuaire

Le sanctuaire/chœur plus étroit que termine une abside plate, est percé d’origine de deux étroites fenêtres orientées pour une à l’est, la fenêtre d’axe et l’autre une fenêtre au sud qui sera élargie pendant la deuxième moitié du XIXe siècle.

Le sanctuaire, construit sur un plan carré, est couvert par une voûte sur croisée d’ogives avec des nervures lourdes chanfreinées reposant chacune sur un culot et qui converge au sommet sur une clef de voûte garnie d’un disque orné d’une rosette à huit pétales avec un bouton central.

Dans la seconde moitié du XIVe siècle une sacristie, accessible par le sanctuaire, est ajoutée à la façade du nord.

La fenêtre d’axe romano-gothique est entourée d’une riche polychromie d’origine avec en-dessous d’elle une des trois de croix de consécration qui se trouvent dans le sanctuaire.

Dans le mur du nord, un pastophorium d’origine gothique est encore visible. On remarquera que sur la partie horizontale supérieure, des triangles, pointes vers le bas ont été sculptés. On peut y voir aussi une croix de consécration.

Les fresques du sanctuaire

C’est surtout dans le sanctuaire que des figures peintes en bon état ont été découvertes. Les fresques s’étalent sur trois registres. Le registre inférieur est orné par un « drapé » sur tout le pourtour du sanctuaire. Cinq sur le côté Nord, huit sur l’abside et dix (dont un est coupé par un pastophorium) sur le mur Sud. Ce qui fait un total de 23 « drapés ».
Je pense que ces drapés ne sont pas des peintures de « remplissage », le peintre-artiste roman (et gothique) utilise les symboles comme on pourra le voir notamment aussi pour l’intrados de l’arc triomphal. Peut-être un 24e drapé a-t-il disparu lors de travaux ? Aurions-nous là alors la représentation « symbolique » des 24 Vieillards qui font face à Dieu dans l’Apocalypse de Jean ? (1) Apocalypse 4 : 4 « Autour du trône je vis vingt-quatre trônes, et sur ces trônes vingt-quatre vieillards assis, revêtus de vêtements blancs, et sur leurs têtes des couronnes d’or ».

Au plafond

Sur la voûte Est du plafond, le Christ bénissant et la Vierge Marie qui montre de la main droite la main gauche par laquelle on peut lire la double nature du Christ (trois doigts « libres » et deux collés l’un à l’autre).

Dans les trois autres voûtains, une suite d’anges habillés dans des habits de diacre, semblent accompagner le Christ et la Madonne.

Les fresques murales du mur Nord

Au registre inférieur, les « drapés » suivent la porte romane de la sacristie. A hauteur, le pastophorium avec la grille et la croix de consécration.

Au registre central, quatre personnages, probablement quatre apôtres. Quatre personnages se retrouvent sur l’abside et quatre sur le mur Sud. Ce qui nous fait un total de douze personnages, il s’agit donc très probablement des douze apôtres.

Quant au registre supérieur, on peut y voir le « Sein d’Abraham ». (2)

Abraham est entouré de deux autres figures de l’Ancien Testament, David et Salomon qui tiennent chacun une lyre.

Sur le mur de l’abside

Sur le mur Est, outre la fenêtre d’axe et une croix de consécration, quatre personnages, des apôtres se trouvent au registre central. Dans le registre supérieur, sous le Christ et la Madonne, deux personnages, des rois ? avec des instruments de musique.

Sur le mur sud

Au registre inférieur, le « drapé », un pastophorium et une croix de consécration sous la fenêtre.
Au registre central quatre personnages (apôtres ?) et au registre supérieur, deux personnages, des rois ?, avec des instruments de musique. Celui de gauche est en partie détruit par la baie de la fenêtre créée au XIXe siècle, quand l’église était encore sous le badigeon de chaux.

L’arc triomphal

On ne retrouve pas de peintures sur l’intrados de l’arc triomphal. Cela ne signifie pourtant pas qu’il n’y en avait pas à l’origine. Cependant, on peut remarquer la présence, de part et d’autre de l’intrados, d’une rangée de petits triangles sculptés.

Il pourrait s’agir de la représentation symbolique de la nature divine du Christ et de sa nature humaine (3), de la Mort et de la Régénération (4). Comme dit précédemment, des triangles, pointe vers le bas sculptés se trouvent sur le pastophorium du sanctuaire.

Les fresques de l’arc triomphal

A gauche, deux personnages ont été découverts. Le premier est un homme d’apparence jeune. Il s’agit certainement de saint Martin de Tours, représenté en tenue d’évêque. Il tient sa crosse de la main gauche et il bénit de la droite.

Le deuxième semble être saint Jean Baptiste. Il bénit de la main droite et tient dans la main gauche un nimbe crucifère comportant un agneau tourné vers la gauche et tenant dans sa patte repliée une oriflamme (5) symbole de la Résurrection.
Certains pensent qu’il s’agit de la représentation du Christ comme le Bon Pasteur (6).

Au dessus de ces personnages a été découvert un motif connu, l’image de saint Martin sur son cheval qui partage sa cape avec un mendiant qui s’appuie sur des béquilles près d’une porte étroite. La fresque est hélas presque effacée, on distingue à peine le cheval blanc et le mendiant.

Au centre

Dans la partie centrale de l’arc triomphal, à gauche, se trouve la représentation de la Jérusalem céleste et, à droite, un ange qui doit être rattaché à la représentation du Christ dans la mandorle qui se trouve à droite.

A droite

Sur le mur de droite, Le Christ dans une mandorle entourée par des anges qui volent. A gauche, un ange avec un livre et un ange avec une croix, à droite, un duo d’anges avec une torche flamboyante.

C’est le Christ de l’Apocalypse, (Apocalypse de jean I 16). Il est assis sur un arc représentant les cieux, les pieds posant sur un autre arc, plus petit, représentant la terre. Avec les deux épées qui sortent de sa bouche. C’est le jugement dernier. On peut d’ailleurs voir, en dessous de la mandorle, deux groupes de personnes. A droite ces personnes sont enchaînées, ce sont les damnés et à gauche un groupe d’élus.

La nef

Dans la nef de l’église, 9 croix de consécration d’origine ont été découvertes mais peu de fresques ont été retrouvées.

Le plafond plat est en bois et rénové récemment.

Sur le mur Sud, une peinture à l’huile, de la fin du XVIIIe siècle, élément de l’autel baroque, représentant saint Martin coupant son manteau pour l’offrir à un pauvre.

Sur ce mur Sud, deux fenêtres sont percées au cours de la deuxième moitié du XIXe siècle (la fenêtre du côté sud du sanctuaire sera élargie en même temps) et un carrelage est posé au sol qui a pour effet de remonter le niveau du sol.

Sur le mur nord des peintures ont été découvertes sous deux couches de crépi. Mais ces peintures ne semblent pas avoir été créées en même temps.
Dans un cadre peint se trouve le visage jeune d’une personne qui est accompagnée de deux anges. Comme les autres parties du personnage ne sont plus visibles, on suppose qu’il s’agit de l’archange Michel qui pèse des âmes. (7)

Dans le cadre accolé à gauche, un personnage de profil se penche vers la représentation de droite, mais excepté l’architecture d’un baldaquin, il est impossible d’avoir plus de détails.

A côté de cette fresque, se trouve un fragment de peinture murale réalisé sur une couche plus jeune. Le fragment est partiel et difficilement indentifiable.

Le style de peinture révèle un artiste du XIVe siècle proche des peintures murales de l’église de Liptovské Sliače.

Il est possible qu’il s’agisse du groupe des femmes saintes. La figure d’une femme à droite avec un foulard sur la tête ressemble à une composition de figure de sainte Hélène dans l’église de Liptovské Sliače.

La paire de silhouettes à gauche peut représenter deux des quatre saintes connues, la première pourrait être sainte Barbe (son attribut est une tour) et l’autre pourrait être sainte Marguerite ?

Il reste encore un fragment de fresque.

Sur le pourtour de la nef, se trouvent des peintures représentant le chemin de croix et 9 croix de consécration.

Enfin, sur la partie Ouest de la nef se trouve la porte qui mène vers l’escalier de la tour-clocher et à la tribune d’orgue.

La tribune d’orgue

Sur la balustrade de la tribune, on peut voir des représentations, récentes, des évangélistes entre lesquels est intercalé un ange (Jean et Luc à droite ; Marc et Matthieu à gauche ainsi qu’une représentation de l’Agnus Dei).

Au mur Ouest de la tribune, une inscription datée du 16e siècle.

La tour-clocher

La tour-clocher à l’ouest est seulement accessible par l’intérieur de l’église et comporte une remarquable fenêtre gothique sur son côté ouest. Le meneau d’origine est disparu et est remplacé par une pierre. Au-dessus de cette fenêtre, une fenêtre plus étroite et plus haut, dans le clocher proprement dit, deux autres fenêtres étroites sur les quatre côtés de la tour.

Trois cloches se trouvent dans la tour : la première date de 1594, une autre de 1763 et la troisième de 1842.

La cloche de 1594 comporte l’inscription latine « VERBUM DOMINI MANET IN ETERNUM A : D : 1594 ».

Celle de 1763 coulée par Ján Juraj Knobloch à Banská Bystrica comporte l’inscription latine « GEORG KNOBLOCH NEOSOLII 1763 ».

Et la troisième cloche de 1842, coulée par Vojtech Littman de Banská Bystrica et qui comporte l’inscription latine « MARIAE IN HONORE SANCTAE » et « REFUSA PER ADALBERTUM LITTMAN NEOSOLII 1842. »

Sur la colline

Sur le côté Sud de la colline on peut remarquer de petites constructions en bois en forme de toit apportant un caractère mystérieux à l’environnement de l’église Saint-Martin.
Les habitants les appellent « Daskal » (de l’allemand dach qui signifie toit). Il s’agit en fait de petites couvertures de puits profonds d’environ 3 à 5 m et qui servent de stockage pour les pommes de terre et les légumes pour l’hiver.

Notes

1 Je n’ai pas trouvé de renseignements pouvant m’orienter ou me renseigner sur la signification de ces « drapés ». Je me permets donc d’émettre une hypothèse concernant cette représentation. On retrouve aussi ce type de « drapé » (mais plus nombreux) au registre inférieur du sanctuaire de l’église Saint François d’Assise dans le village de Poniky près de Banská Bystrica.

2 Le thème du Sein d’Abraham était souvent représenté au milieu du Moyen Age pour connaître son déclin au cours du XVe siècle. Disparition probablement due à l’apparition du Purgatoire. Le Sein d’Abraham représente le Patriarche accueillant les élus entre ses bras (représentation courante au XIe siècle), soit dans un pan de son vêtement.

3 Dictionnaire des symboles. J Chevalier et A Gheerbrant. Ed. Robert Laffont. 2002

4 Selon Marija Gimbutas, « pareilles rangées de triangles sont l’ornement typique des crochets ainsi que des plaques de pierre à l’image de la déesse de la Mort et de la Régénération déposées dans des tombes mégalithiques du Portugal. »
Le langage de la déesse. Marija Gimbutas. Col. Des femmes Antoinette Fouque. Dumas-Titoulet Imprimeurs 2005
A Catal Hüyük (Turquie aujourd’hui), dans le sanctuaire du niveau VII, on a découvert des triangles peints en rouge et noir, avec plus bas, un relief en plâtre d’une déesse enceinte.

5 « Voici l’agneau de Dieu » dit Jean Baptiste (évangile de Jean I, 29). Au vu de son attitude (bénissant) et du symbole que le personnage tient dans la main gauche, je pense qu’il s’agit bien de saint Jean-Baptiste.

6 Mária Novotná et Juraj Maták Ranogotický Kostol sv. Martina v Martinčeku

Comment y aller ?

Le village de Martinček – Petit Martin est situé à 5 km au nord-est de la ville de Ružomberok.

A partir de la ville de Ružomberok, prendre la direction de Dolný Kubin. Après 1 km environ, prendre à droite vers le village de Martinček.

A voir aussi : http://www.apsida.sk/c/326/martincek

PS: pour visiter l’intérieur de cette belle église, un panneau d’information se trouve au-dessus du sentier qui conduit du village vers l’église. Ce panneau renseigne la personne de contact où l’on peut s’adresser (attention, étant donné qu’il s’agit souvent d’un(e) bénévole, la visite de l’intérieur de l’église dépend de la disponibilité). Le site et l’entrée de l’église est gratuit.
Nous vous conseillons de garer votre voiture sur le parking, gratuit, qui se trouve devant la mairie, Obecný úrad en slovaque.

Si vous avez un peu de temps, une petite promenade vous fera apercevoir, au Nord-Est, les ruines du château de Likava et au sud, près de la nouvelle chapelle et au bord de la colline vous avez une très belle vue panoramique avec au loin (sur le côté gauche d‘une cheminée) l’église romane de Tous les Saints de Ludrova-Kút. Sur la route menant de Ružomberok vers Banská Bystrica, le village de Vlkolinec (musée ethnographique en plein air habité, classé au Patrimoine de l’UESCO) est à découvrir. Ces visites sont payantes

Références

Národné kúlturne pamiatky na Slovenska. Okres Ružomberok. Ed Slovart 2008

Gotické kostoly vidiek. Štefan Podolinský. Zostavil : Daniel Kollár. Kultúrne Krasý Slovenska. Dajama

55 Najkrajších Gotických pamiatok Slovenska. Stano Bellan, Alexander Vojček. Ed. Vydavateľstvo Priroda. 2009

Ranogotický kostol sv.Martina v Martinčeku. Mária Novotná, Juraj Maták

Dictionnaire d’iconographie romane. Marc Thoumieu. Ed. Zodiaque.

La fresque romane. Paul-Henri Michel. Ed. Gallimard. 1961

Art roman. Norbert Wolf. Ed. Taschen. 2007

L’art roman, architecture, sculpture, peinture. Sous la direction de Rolf Toman. Ed. H.F ? Ullmann. 2004/2007

Le culte des saints catholiques en Europe centrale et orientale. Jean-Pierre Irali. Ed. Romaines. 2011

Dictionnaire d’Architecture. Mathilde Lavenu, Victorine Mataouchek. Ed. Jean-Paul Gisserot. Gisserot patrimoine. 1999

Dictionnaire des symboles. J Chevalier et A Gheerbrant. Ed. Robert Laffont. 2002

La Sainte Bible. Par Louis Segond. La Société Biblique Canadienne. 1910

Apocalypse de Jean (texte du cours). Jean Hadot. Octobre 1994

Autoatlas Slovenská Republika Supertouring. Freytag et berndt. 12/2011

L’église de Tous les Saints à Ludrova – Kút

Mgr Alice Hura – Charles Bugan

La vieille église romano – gothique, catholique romaine, de Tous les Saints de Ludrova – Kút (550 m) dans la région de Liptov, est proche de la ville de Ružomberok (env. 1 km). Cette église est située sur la route entre le village de Ludrová et Ružomberok, à un endroit appelé Kút.

L’église de Tous les Saints est un monument historique classé et fait partie du patrimoine culturel slovaque.

Cette église romano – gothique présente un type d’église de village de la période féodale, qui est typique dans la région de Liptov.

L’église de Ludrová, dans le hameau de Kút a environ 700 ans et, selon une hypothèse, elle fut fondée au XIIIe siècle (13.storočia). Il se peut qu’elle ait été construite à l’endroit d’un bâtiment sacré beaucoup plus ancien, selon des fragments de céramiques découvertes datant du Xe – XIe siècle (10 – 11.storočia)

Le terme Kút, signifie, en slovaque Coin, mais je pense que le terme slovaque n’est pas le bon pour cet endroit, car auparavant, la langue officielle, et parlée par la noblesse, était le hongrois, or en hongrois Kút signifie Puits. Il est donc bien probable que cette église fut construite sur un ancien lieu sacré où l’eau avait son importance et que les chrétiens ont donné une nouvelle réaffectation à ces lieux, comme à de nombreux endroits.

Sur le territoire de Ludrová, se trouve la colline Borovnisko comprenant la côte de Strana (630 m) et la côte de Pancova (686 m), où, selon une recherche archéologique réalisée dans le plan du cadastre d’habitations de Ludrová, on y a découvert un lieu fortifié daté de l’âge du bronze et un lieu celte daté du IIIe siècle av JC, période de La Tène.

Un élément surprenant est que cette église se trouve hors du village de Ludrová et était essentiellement fréquentée par la noblesse des environs.

Nous savons aussi qu’au Moyen Âge, à proximité de l’église, se trouvait un chemin utilisé par les marchands. Chemin qui allait de la Hongrie vers la mer Baltique.

Des composants architecturaux particuliers, comme la fenêtre axiale de style roman qui se trouve dans le choeur, peuvent nous faire croire, en effet, que l’église existe depuis le XIIIe siècle (13.storočia).

L’intérieur du sanctuaire est d’une rare beauté avec ses fresques peintes par un artiste inconnu, vers l’an 1420. Les fresques représentent un cycle christologique en 34 épisodes et constituent le plus vaste cycle de la vie de Jésus de Nazareth en Slovaquie.

La construction de l’église est, à l’origine, simple. Elle comporte une nef centrale, un chœur carré comportant une voûte costale et est orientée Est – Ouest.

Au XVe siècle (15.Storočia), on va y adosser une sacristie au Nord ; une nef latérale, avec deux fenêtres de style gothique tardif et la porte d’entrée que nous connaissons aujourd’hui, dans la partie Sud ainsi qu’une tour à l’Ouest. La nef latérale comportera aussi un étage en bois tout comme celui de la nef principale, mais il sera démonté dans les années 1960 au vu de son état de délabrement.
L’église aura son aspect définitif au 17e siècle par la transformation de la tour d’église et la décoration de graffiti en style renaissance.

Le terrain qui entoure l’église est clôturé, pour sa défense, par une muraille de pierre couverte de bardeaux, et comportait comme seules ouvertures des regards dans les murs pour les archers (aujourd’hui rebouchées) et une entrée avec une porte en style classique comportant les monogrammes des nobles Pierre et Morris de la famille Rakovsky.

La famille Rakovsky de Rakovo avait le patronage de cette église et était la propriétaire du village de Štiavnica à Liptov. Un membre éminent de la famille Rakovsky est inhumé dans le sous-sol de l’église. Sur le mur Ouest, on peut voir des stèles épitaphes.

Quelques détails d’architecture de l’église

La nef et l’étage en bois, datant du XVIIe siècle (17.storočia).
Les peintures dans le sanctuaire et sur l’arc de triomphe datent elles du XVe siècle (15.storočia) et sont de style gothique de l’âge d’or.
Dans les années 40 du XIXe siècle (19.storočia), l’église et les fresques ont été restaurées.
Au tournant des XIXe et XXe siècles, les peintures de l’église sont restaurées par le peintre Josef Hanula, puis dans les années 1960 à 1970, par Mikulas Štalmach, restaurateur d’art, qui découvre sur le mur nord de la nef, la plus vieille peinture, un triptyque datant des années 1400-1420.
En 2015 une nouvelle restauration des peintures est effectuée par l’Atelier de restauration de Levoča.

Le plus vaste cycle christologique de Slovaquie datant de 1420

Sur le mur du sanctuaire, un peintre inconnu a, vers l’an 1420, créé un Cycle christologique. En tout, 34 épisodes de la vie de Jésus Christ sont représentés..

Sur la voûte du sanctuaire, nous avons comme décoration dominante : une composition du Jugement dernier à l’Est, le Couronnement de la Vierge Marie à l’Ouest et côté Nord, six apôtres tout comme le côté Sud. On peut aussi remarquer que le Couronnement de la Vierge Marie est surmonté d’un aigle, symbole de saint Jean.

Le mur de l’arc de triomphe est décoré par les figures de quatre saintes – Catherine, Marguerite, Barbe et Dorothée, sur les angles du chœur. Nous y voyons aussi la parabole de l’évangile des vierges folles et des vierges sages (1). Les « vierges sages », par opposition aux « vierges folles » sont celles qui gardent leur lampe allumée dans l’attente de l’époux, c’est-à-dire le Christ. Ici, les « vierges sages » sont reconnaissables car elles portent leur lampe droite alors que les « vierges folles » en sont dépourvues (Mt 25,1-13).

Sur le mur Nord, nous voyons La Cène, en deux versions. L’artiste a subtilement travaillé pour nous les représenter, il utilise la table du repas pour séparer les deux scènes. La première, au-dessus de la table, selon les évangiles de Mathias (Matthieu), Marc et Lucas (Luc), le Christ est à table avec les apôtres. La deuxième, en-dessous de la table, selon l’évangile de Jean, où le Christ lave les pieds des apôtres.

Autre fresque extraordinaire, et représentation rare, sur le mur Sud du chœur, l’épisode de la Pendaison de Jude (Judas).

Sur l’autel, de style gothique postérieure, se trouve la sculpture du Couronnement de la Vierge Marie, datant des années 1510 – 1520. Cependant, aujourd’hui, cet autel se trouve au Musée Liptovske de Ružomberok – Musée de la Région de Liptov, car il fait partie des collections de ce musée depuis 1969.

Dans la nef, sur le mur Nord, nous pouvons découvrir une autre représentation rare et ce qui est probablement les fresques les plus anciennes : le triptyque de la Madone Protectrice, le Christ de Douleur et saint Jean Baptiste, datant des années 1400 – 1420, ainsi que quatre croix de consécration. L’on peut encore apercevoir un reste de deux croix sous la peinture plus jeune sur l’intérieur du mur de l’arc de triomphe.

Quant à l’orgue, daté de 1694, suite à des actes de vandalisme, il fut retiré de l’église. Il se trouve aujourd’hui, en dépôt, au Musée Lipovske de Ružomberok, attendant une restauration.

Les offices se terminèrent en 1953, l’église désacralisée et placée dans le patrimoine du Musée de Liptov de Ružomberok.

A l’extérieur, outre le reste de la fresque représentant saint Christophe sur le mur Est, se trouve un très vieux tilleul, âgé de 400 ans qui, s’il pouvait parler, nous révèlerait beaucoup d’histoires de ce lieu. On trouve aussi quelques vieilles tombes autour de ce vénérable tilleul.

Autour de la fenêtre de la nef latérale, côté Sud, on peut apercevoir quelques fragments de peinture ornementale qui pourrait laisser croire que la façade, ou tout au moins le tour de cette fenêtre, était peint.

Notes

1 Il n’y a ici que trois vierges sages et trois vierges folles alors que dans Mt 25,1-13 il est question de deux groupes de cinq.

Liptovske Museum à Ružomberok : http://www.liptovskemuzeum.sk

Sources

Kostol Všetkých svätých v Ludrovej-Kúte. Svedok stáročí. Mária Anderssonová, Branislav Močáry, Peter Svrček ml, Jozef Vandák. Ed. Branislav Močáry SOVA

Národné kúlturne pamiatky na Slovenska. Okres Ružomberok. Ed Slovart 2008

NB : Les prix indiqués sur la photo sont indicatifs et susceptibles d’être changés.

Le Maître d’Okoličné et l’art de la région de Spiš autour de 1500

Charles Bugan

La Galerie nationale slovaque – SNG Bratislava va bientôt proposer une exposition dont le thème ne manque pas d’intérêt puisqu’il tournera autour du Maître d’Okoličné.

Cette exposition, dans le Palais Esterházy, va s’étendre du 7 septembre au 26 novembre 2017.

Le Maître d’Okoličné, actif dans les comtés de Liptov et Spiš, est l’auteur de l’autel marial du monastère franciscain d’Okoličné, près de Liptovský Mikulaš. C’est certainement un des meilleurs peintres de la fin du gothique d’Europe centrale et il a collaboré avec des sculpteurs de la région de Spiš de premier plan, y compris Maître Pavol de Levoča. Mais, contrairement à Maître Pavol, il y a une quantité d’œuvres inconnues, tant en Slovaquie qu’à l’étranger.

On peut découvrir la puissance de l’œuvre de l’artiste par plusieurs œuvres remarquables qui sont, à ce jour la propriété d’églises. Deux autels latéraux dans l’église de la Purification de la Vierge Marie à Smrečany, datés de 1510, ou la peinture de l’autel latéral de la Visitation de la Vierge Marie dans la cathédrale Sainte- Elizabeth à Košice (1516).

PS : l’église du monastère d’Okoličné et l’église de la Purification de la Vierge à Smrečany, étant toujours actives, ne se visitent pas.

https://www.sng.sk/sk/vystavy/1064_majster-z-okolicneho-a-umenie-sMajster z Okoličného a umenie Spiša okolo roku 1500
7. septembra 2017 — 26. novembra 2017
Esterházyho palác, 2. poschodie,
Námestie Ľudovit Štura 33/4
Bratislava

Entrée gratuite

Kurátor curateur : Dušan Buran

 

La Medovina slovaque

Mgr Alice Hura

La Medovina slovaque, une boisson à découvrir ? Certainement. D’une belle couleur jaune ambré, la Medovina est une boisson traditionnelle commune aux pays slaves ʺla boisson des roisʺ.

La Medovina est le résultat d’une fermentation d’une solution composée d’eau, de miel, de plantes aromatiques et d’épices.

C’est ainsi qu’en Slovaquie, suivant les régions, il existe plusieurs – une centaine – recettes traditionnelles de Medovina. Par exemple, dans la région d’Orava vous trouvez la Medovina aux myrtilles.

La meilleure Medovina est obtenue par une fermentation à froid à une température de 15 à 17 °c.
Cependant, ce processus est lent et compliqué, c’est pourquoi la plupart du temps on trouve une Medovina obtenue après avoir été amenée à ébullition. On peut évaluer la durée de maturation d’une bonne Medovina entre trois à quatre mois pour la qualité classique alors que la qualité supérieure peut prendre cinq années. La durée de la maturation va influencer les qualités aromatiques, la couleur d’ambre dorée ainsi que le goût de miel légèrement épicé et aromatisé. Suivant le processus de fermentation, la teneur en alcool va varier de 11,5 à 15 %.

La région d’origine de la Medovina serait la région de la chaîne de montagnes d’origine calcaire qui s’étend en Moravie, en Slovaquie et en Pologne.

Jusqu’au 19e siècle, la Medovina était la boisson la plus populaire en Slovaquie. La plus appréciée était déjà fabriquée au 18e siècle dans la ville de Levoča.

De nos temps, cette boisson est toujours aussi appréciée et nous la trouvons, déclinée sous différents goûts, dans la plupart des fêtes populaires, marchés traditionnels…

La Medovina, un élixir de jeunesse et médicament ?

La Medovina va apporter toutes les substances bénéfiques du miel, source d’énergie.

Les anciens disent que la Medovina retarde le vieillissement, assure la longévité, contribue à la conservation de la beauté et apporte la force.

Ils disent aussi que la Medovina soulage l’estomac irrité et empêche la formation d’ulcères.

Quand boire la Medovina ?

Cette boisson au goût agréable de miel légèrement épicé peut être consommée en apéritif ou en digestif. Voici quelques recommandations.

En apéritif, elle peut être servie fraîche avec un zeste de citron.

En hiver, on peut la consommer chaude, mais sans la faire bouillir, ce qui aurait pour effet d’annuler toutes les substances bénéfiques contenues dans le miel et/ou les aromates et épices.

On peut aussi déguster la Medovina à température ambiante et avec du pain d’épice.

A côté de la Medovina classique (nature), on trouve maintenant la Medovina au goût d’amandes, d’herbes des montagnes, de griottes, de cassis…

La société Apimed située à Dolná Krupá, un village près de Trnava, produit et commercialise différentes qualités de Medovina ainsi que d’autres produits venant d’apiculture que l’on peut trouver sur presque tout le territoire slovaque. A découvrir sur : www.apimed.sk

Voici une recette traditionnelle de Medovina

Mélangez 10 kg de miel et 50 litres de l’eau et laisser cuire 3 heures à feu doux tout en mélangeant en permanence et en écumant la mousse,
Après les 3 heures, laissez refroidir,
Après refroidissement, transvasez dans un tonnelet et ajoutez 2 noix de muscade et 10 g de cannelle,
Laissez fermenter, sans mouvement, pendant 12 mois, jusqu’à ce que la Medovina obtienne sa qualité,
Transvasez-la dans des bouteilles.

NB : A utiliser comme médicament populaire pour les maladies des parties supérieures des voies respiratoires comme les maux de gorge…

Skanzen, musée en plein air en Slovaquie

Charles Bugan

Le mot skanzen est un terme qui peut être traduit par musée en plein air et qui nous vient de Suède. C’est dans ce pays, près de Stockholm, qu’est né le premier skanzen, en 1891, dont le concept était de présenter la Suède d’autrefois.

En Slovaquie, plusieurs musées en plein air ont vu le jour au cours du 20e siècle. Ils sont « l’image » ethnographique d’une période passée, pas si lointaine. Ces institutions scientifiques spécialisées ont pour but de préserver la culture populaire sous la forme d’un musée reprenant les bâtiments dans lesquels les habitants du village vivaient leur vie familiale mais aussi la partie professionnelle, sociale, cultuelle et culturelle qui rythmait leur vie.

Ces bâtiments sont issus de l’architecture populaire, cette architecture qui ne connaissait pas d’architecte et encore moins d’urbaniste mais qui était pleine de bon sens, réalisée par de simples gens, ouvriers habiles, ayant une bonne connaissance du matériau disponible dans leur région : le bois. C’est avec ce matériau noble que les menuisiers charpentiers de ces régions ont conçus des bâtisses orientées vers leur usage quotidien pour l’homme mais pour aussi son environnement naturel qui devait lui permettre de subsister dans une nature pas toujours clémente. (1)

Chaque skanzen slovaque à ses particularités, notamment au point de vue ethnique, on peut, dans tel skanzen, découvrir la culture ruthène, dans tel autre la culture de la région d’Orava… de même que l’on peut y découvrir, durant la saison d’ouverture, des activités folkloriques et artisanales le plus souvent avec des personnes en tenues traditionnelles qui pratiquent devant vous les métiers ou travaux d’antan.

Quelques musées en plein air en Slovaquie

Le skanzen de Zuberec

L’architecture populaire est bien représentée dans les musées en plein air. Les visites de ces musées s’accompagnent souvent d’animations organisées durant la saison touristique. Le musée de plein air de Zuberec n’échappe pas à cette règle.
On peut y admirer un ensemble d’une cinquantaine de bâtiments de l’architecture rurale répartis en des zones caractéristiques pour les collections d’habitat ancien de la région d’Orava.

Múzeum oravskej dediny, Zuberec – Brestová

Le skanzen de Stará Ľubovňa

Musée de l’architecture populaire traditionnelle en plein air de Stará Ľubovňa, situé sous le château de Stará Ľubovňa « Ľubovniansky hrad » élevé sur un piton rocheux haut de 711 m, permet de se plonger quelques instants dans les habitations de la région du siècle dernier et par là de se laisser aller à imaginer la vie de ses habitants et c’est toujours avec une certaine émotion que l’on pénètre ainsi dans l’intimité de la vie passée.
De la remarquable église uniate dédiée à saint Michel archange jusqu’au moulin, en passant par la naissance d’un enfant, le mariage, la fête de Noël et… la mort, ce skanzen nous fait revivre les moments forts qui rythmaient la vie des habitants de la région de Spiš, au nord de la Slovaquie.

http://www.hradlubovna.sk/sk/home

Le skanzen – Šarišské múzeum à Bardejovské kúpele

Dans la station thermale de Bardejovské kúpele, 5 km près de la ville de Bardejov, se situe le Musée de l’architecture de la culture populaire de la région de Šariš, cette exposition représente la culture et l’architecture populaire des deux groupes ethniques slaves habités les Carpates orientales en Slovaquie du nord-est : les Ruthènes et les Slovaques.
On peut y voir deux très belles églises en bois de rite gréco-catholique (uniate).

http://www.muzeumbardejov.sk/expozic/skanzen.htm

Le skanzen de Martin

Outre l’intéressant musée ethnographique, la ville de Martin propose un musée en plein air qui offre un regard sur le type d’habitat du siècle dernier dans les régions d’Orava, Turiec, Liptov, Kysuce – Podjavorinské
143 bâtiments, dont 22 sont accessibles, se retrouvent sur une aire de 15,5 ha.
On peut aussi y découvrir l’ancienne église catholique romaine en bois du village de Rudno avec son autel et sa chaire à prêcher.

http://www.skanzenmartin.sk

Le skanzen de Pribylina

Situé sur la route qui mène aux Hautes Tatras – Vysoké Tatry, outre les bâtiments habituels d’architecture populaire, ce skanzen propose la visite d’un manoir du 14e – 16e siècle ; l’église gothique Notre-Dame avec ses fragments de peintures murales originales des 14e et 15e siècles, dont on peut toujours voir aujourd’hui la tour d’origine de cette église près du skanzen archéologique d’Havránok – Liptovská Mara ; une école et dans la partie supérieure une exposition concernant l’exploitation forestière et leur chemin de fer.

http://www.liptovskemuzeum.sk/expozicie/muzeum-liptovskej-dediny-pribylina/

Le skanzen archéologique d’Havránok (Liptovská Mara)

Situé près du lac de barrage de Liptovská Mara, l’archéoskanzen d’Havránok est situé sur un important site de la culture de Puchov. Il propose la reconstruction d’habitats et d’une ancienne fortification de même qu’un sanctuaire avec des traces de rituels religieux celtiques.

http://www.liptovskemuzeum.sk/expozicie/archeologicke-muzeum-v-prirode-liptovska-mara-havranok/

Le skanzen de Svidnik

Situé à l’entrée de la ville de Svidnik, le skanzen est dédié à la culture des Ruthènes et Ukrainiens de Slovaquie.
On peut y voir la très belle église en bois qui se trouvait dans le village de Nová Polianka et construite en 1766.

http://www.svidnik.sk/navstevnik/skanzen

Sites web d’autres skanzens

http://www.kysuckemuzeum.sk/muzeum-kysuckej-dediny

http://www.muzeumhumenne.sk/skanzen.html

http://spmnitra.sk/expozicie-a-skanzen/skanzen

http://www.staratura.sk/gazdovsky-dvor-myjava-tura-luka

http://www.banskyskanzen.sk

http://www.lesy.sk/showdoc.do?docid=6432

Notes

1 Lire notre article sur les constructions en bois de Slovaquie : http://vaheurope.eu/?p=563

Sources

Skanzeny. Iveta Zuskinová. Kultúrne Krasý Slovenska. Dajama. 2008

Le héros slovaque Jozef Gabčík

Mgr Alice Hura – Charles Bugan

Jozef Gabčík, né le 8 avril 1912 à Poluvsie près de Rajecké Teplice en Slovaquie – mort le 18 juin 1942 à Prague en Tchéquie.

Le Slovaque Jozef Gabčík était un parachutiste tchécoslovaque intégré à l’Opération Anthropoïd, préparée par l’armée britannique. L’objectif de l’opération Anthrpoïd : un attentat sur la personne de Reinhard Heydrich, Reichsprotektor – Gouverneur du Protectorat de Bohême-Moravie, chef de la Gestapo, organisateur de la Solution finale et membre éminent du 3e Reich allemand.

Cet attentat contre Reinhard Heydrich s’est déroulé le mercredi 27 mai 1942 à Prague, il y a 75 ans.

Jozef Gabčík, est né le 8 avril 1912 à Poluvsie un hameau près de Rajecké Teplice non loin de la ville de Žilina, en Slovaquie septentrionale. Son père, František, est un ouvrier et sa mère, Mária, est une femme au foyer.

Jozef est le plus jeune des quatre enfants de la famille Gabčík. Il a deux frères, Alexandre et Michel, et une sœur Františka (Françoise).

De 1927 à 1932, il étudie à l’école professionnelle de České Kunovice le métier de ferronnier-serrurier. Dès octobre 1932, il commence son service militaire dans le 14e régiment d’infanterie à Košice et pendant ce service il termine l’école militaire de sous-officiers à Prešov.

Jozef Gabčík et son engagement patriotique

En 1934, il devient caporal et continue sa carrière militaire en contestation avec son père qui n’est pas d’accord pour la carrière militaire de son fils. Jozef Gabčík reste au service militaire à Košice, jusqu’au 1er avril 1937, quand, après la mort précoce de son frère et la demande instante de sa mère, il abandonne sa carrière militaire et commence à travailler dans l’usine d’armement produisant du gaz de combat de Žilina.

C’est là que lors d’un accident de travail, une fuite de ce gaz, Jozef Gabčík est blessé et qu’une menace pèse sur lui : la perte de la vue. Après les soins et son rétablissement, il est nommé en qualité de magasinier dans l’usine de gaz de combat de la ville de Trenčín.

Entre-temps, depuis le 14 mars 1939 et suite aux accords de Munich, en septembre 1938, et le démantèlement de la Tchécoslovaquie, il existe un État slovaque – Slovenský Štát inféodé à l’Allemagne nazie dirigé par un prêtre catholique, Monseigneur Jozef Tiso.

Craignant que les magasins de gaz de combat tombent dans les mains des nazis, Jozef Gabčík sabote un magasin de gaz. Il sait qu’il va être poursuivi au tribunal pénal et le 4 juin 1939, Jozef Gabčík émigre illégalement avec un camarade en Pologne, à Bronowice près de Cracovie, où il s’engage dans l’armée tchécoslovaque clandestine. C’est là qu’il va rencontrer Jan Kubiš et qu’ils vont se lier d’amitié.
Mais la situation en Pologne s’envenime, elle est envahie par l’Allemagne le 1er septembre 1939. Fuyant à nouveau, Jozef Gabčík et Jan Kubiš s’embarquent à Gdansk en Pologne dans le bateau Chrobry (qui peut être traduit comme « le Brave ») : direction : la France où ils vont débarquer à Boulogne-sur-Mer. Jozef Gabčík avec d’autres volontaires sont installés dans les casernes à Lille. Là, le 2 août 1939, Jozef Gabčík et Jan Kubiš s’engagent pour cinq ans dans le Légion étrangère.
Le 9 août 1939 Jozef Gabčík et Jan Kubiš embarquent au port de Marseille vers le port algérien Oran. Ils entrent dans le 1er régiment de la Légion étrangère à Sidi-Bel-Abbes en Algérie, et 18 septembre 1939 ils sont attachés au 1er régiment infanterie de la Légion étrangère à El-Arich. Mais leur contrat au service de la Légion étrangère en Algérie sera de courte durée car la Seconde guerre mondiale éclate.

Jozef Gabčík, soldat dans l’Armée tchécoslovaque en Exil

Gabčik et Kubiš reviennent en France, le 24 septembre 1939 à Marseille, puis le 26 septembre 1939 ils sont dans la ville d’Agde. C’est là que se trouvent les volontaires slovaques et tchèques qui participent aux combats français contre l’armée allemande nazie en juin 1940 avant d’être démobilisés pendant l’armistice de la France avec l’Allemagne nazie du 22 juin 1940.

C’est donc dans le Midi, à Agde que Jozef Gabčík et Jan Kubiš s’engagent dans le 1er régiment de l’infanterie tchécoslovaque en France, il s’agit de l’armée clandestine, crée par le général Rudolf Wiest, futur commandant de l’Armée tchécoslovaque pendant le Soulèvement nationale slovaque en août 1944.

Jozef Gabčík occupe la fonction d’adjoint du sergent du peloton dans la 12e compagnie. À la fin de 1939, le 29 décembre 1939, il est élevé au rang de sergent. En 1940, Jozef Gabčík participe aux combats défensifs du front français, mais au milieu du mois de juillet 1940 après la défaite de la France, il va être évacué. En effet, le 1er régiment de marche des volontaires tchécoslovaques sous le commandement de Jan Kratochvíl est arrivé à Coulommiers les 11 et 12 juin 1940. Jozef Gabčík y est en fonction en qualité de chef du groupe de la 12ème compagnie mitrailleur, mais après arrivée d’un ordre pour le déplacement du groupe sur les rives de la Seine et passer de l’autre côté de cette rivière, l’amirauté britannique envoie des bateaux dans les ports de Bézier et de Sète afin de sauver les volontaires tchécoslovaques qui sont sous la menace d’être livrés aux nazis et internés dans les camps de concentration.

C’est donc le 12 juillet 1940 qu’il part vers la Grande Bretagne par le bateau Rod el Farag pour un service militaire dans la 3e compagnie du 1er bataillon d’infanterie de la Grande Bretagne basé dans le village de Cholmondeley (en Cheshire, Angleterre), où le 7 mars 1941, Gabčík est élevé au rang d’adjudant d’infanterie. Du 2 au 22 février 1941 il fréquente le cours militaire pour les officiers.

Mais Jozef Gabčík s’intéresse aux missions militaires spéciales dans les arrières ennemis. Avec l’aide du lieutenant-colonel Barovsky, l’adjudant Jozef Gabčík est intégré dans l’entraînement militaire spéciale du SOE britannique et dès le mois de juillet 1941, jusqu’en octobre 1941, Gabčík se forme en Grande-Bretagne aux nombreux entraînements militaires de cette fonction. Jozef Gabčík devient l’un des huit premiers du groupe sélectionné à l’entraînement de parachutistes dans des cours spéciaux en Écosse et devient le commandant en chef d’un groupe de parachutistes. Un autre membre de ce groupe, le sergent Karel Svoboda (1), se blesse au cours des entraînements et est remplacé par Jan Kubiš à la demande personnelle de Jozef Gabčík.

Le 3 octobre 1941, le chef du service des renseignements tchécoslovaque Frantisek Moravec convoque les membres du groupe Anthropoïd et leur annonce que la décision d’éliminer Reinhard Heydrich a été prise.

Jozef Gabčík, le slovaque, est choisi, avec l’adjudant Jan Kubiš, le morave (tchèque), pour exécuter la mission. (2)

La mission Anthropoïd

L’avion bombardier Halifax décolle le 28 décembre 1941 vers 22 heures de l’aéroport militaire de Tangmere au sud de l’Angleterre. Avec Gabčík et Kubiš à bord se trouvent aussi les membres du groupe Silver A et Silver B. Le lendemain, vers 2h15, Gabčík et Kubiš sont parachuté à près de 2 km du village de Nehvizdy et 22 km à l’est de Prague.

Leur mission recèle deux objectifs : la collecte de renseignements, dévolue au groupe « Silver A » (Alfred Bartos, Josef Valcik et Jiři Potucek) et surtout l’élimination de Heydrich. Celle-ci est le fait du groupe « Antropoïd », avec Jan Kubis et Josef Gabcik.

Après avoir atterri, les soldats Jozef Gabčík et Jan Kubiš chargés de réaliser l’opération Anthropoïd, réussissent à nouer des contacts avec le mouvement de résistance tchèque dont les membres les cachent et les aident à mener à bien leur projet.

Les deux hommes vont se rendre à Prague et procéder au repérage de l’endroit idéal pour l’attentat.

Il était prévu, dans le projet d’attaque d’origine, que Gabčík et Kubiš attaquent Heydrich près de son siège à Panenské Březany à Prague. Mais à cause de la grande surveillance de ce lieu, ils renoncent et choisissent un autre lieu d’attentat à Prague.

C’est le carrefour de l’Avenue Kirchmayer (aujourd’hui rue Zenklova – rue du quartier Kobylisy à travers le quartier Stara Libeň) avec la rue V Holešovičkách qui est choisi. Cette rue en pente a un virage serré à droite au bas qui obligera la voiture de Heydrich de ralentir. C’est à ce moment que l’action doit être menée. Autre avantage du lieu, cette rue mène vers le pont Trojsky qui surplombe la rivière Vltava, et par là, vers le quartier Troja où les auteurs de l’attentat pourront se dissiper dans la foule. De plus, l’endroit est assez éloigné de tous les postes de police, des casernes ou des postes de la Gestapo. Il y a cependant un gros inconvénient : un arrêt de tram se trouve à proximité du lieu, et à l’heure prévue de l’attentat, onze heure, qui est l’heure du passage habituel de Heydrich, beaucoup de civils attendent leur tram.

Le jour de l’attentat

L’opération baptisée Antropoïd se déroule le mercredi 27 mai 1942. Jozef Gabčík et Jan Kubiš se trouvent dans le virage, Gabčík d’abord puis Kubiš, Lorsque la Mercedes décapotable de Reinhard Heydrich arrive, Josef Valčik, le signaleur posté plus haut dans l’avenue, envoie le signal avec son miroir. Comme prévu, la voiture d’ Heydrich ralentit au bas dans le virage, Jozef Gabčík bondit au milieu de la rue et vise Heydrich avec sa mitraillette Sten, mais l’arme s’enraye. La voiture d’Heydrich s’arrête et celui-ci se lève et veux abattre Gabčík avec son pistolet. Jan Kubiš lance alors une grenade qui explose contre la voiture. Voyant Heydrich atteint, les deux hommes s’enfuient comme convenu vers le centre de Prague. Le dos labouré par des éclats, Heydrich est transporté à l’hôpital, où il mourra d’une septicémie une semaine plus tard.

Le chauffeur de la Mercedes, le SS Johannes Klein, part d’abord à la poursuite de Kubiš mais celui-ci parvient à s’échapper à bicyclette. Revenu auprès d’Heydrich, celui-ci lui ordonne de se lancer à la poursuite de Jozef Gabčík. Il le retrouve dans une boucherie mais Gabčík, utilisant son pistolet Colt, tire à deux reprises sur Klein le blessant sérieusement à la cuisse. Gabčik parvient alors à s’échapper.

Les représailles

Quand Heydrich succombe à ses blessures le 4 juin 1942, Hitler exige des représailles en Bohême. La loi martiale est imposée jusqu’au 3 juillet 1942. Les nazis vont exécuter 1585 habitants et en arrêter 3188 en Bohème – Moravie. Les habitants des villages de Lidice (3), dans la nuit du 9 au 10 juin 1942, à 20 km à l’ouest de Prague et de Ležáky, le 24 juin 1942, sont massacrés par un commando composé de SS et de membres de la Gestapo. Quatre ecclésiastiques orthodoxes tchèques, qui avaient fourni l’asile aux parachutistes dans l’église des Saints-Cyrile-et-Méthode à Prague, seront exécutés le 4 et 5 septembre 1942 à Kobylisy.
Le village de Poluvsie, d’où est originaire Jozef Gabčík, situé dans ce qui était la « première république slovaque », inféodée à l’Allemagne nazie ne subira pas de représailles.

La fin tragique

Après l’attentat contre le protecteur du Reich, les parachutistes se cachent dans la crypte de l’église orthodoxe des Saints-Cyrile-et-Méthode à Prague (4), Resslova ulice (rue).

Gabčík et Kubiš cachés dans l’église orthodoxe des Saints-Cyrile-et-Méthode vont alors être trahis par un autre parachutiste Karel Čurda (5). Selon une version, Čurda capturé par la Gestapo, ne supportera pas les tortures et en échange de sa vie et d’une récompense de 500 000 marks allemands, il va désigner l’endroit de la cachette des parachutistes recherchés. Une autre version affirme qu’il se serait rendu à la Gestapo de son plein gré.

Dès lors, l’église des Saints-Cyrile-et-Méthode à Prague est encerclée le 18 juin 1942 par les SS. Pour les parachutistes commence un combat pour la vie. Hélas, la fin est tragique pour les auteurs de l’attentat. Le combat se termine, quand la majorité des parachutistes sont tués. Jozef Gabčík réfugié avec trois autres compagnons dans la crypte de l’église ne trouvant pas une issue favorable face à cette situation difficile et sous la suprématie des SS qui ont essayé de les enfumer et de les noyer, se suicide lui et ses compagnons. Pas un seul parachutiste ne sera pris vivant. (6) Les assaillants dénombreront 14 tués et 21 blessés.

Les parachutistes tchécoslovaques qui se retrouveront cernés dans la crypte de l’église Saints-Cyrille-et-Méthode sont : Adolf Opálka, chef du groupe Out Distance ; Jan Hrubý et Josef Bublík du groupe de sabotage Bioscope ; Josef Valčík ; membre du groupe Silver A il aidera dans l’attentat contre Heydrich en qualité de guetteur ; Jaroslav Švarc du groupe Tin dont la mission était d’assassiner le ministre de l’Éducation Emanuel Moravec.

Les corps retrouvés ?

Des chercheurs ont identifié les tombes de Ján Kubiš et de Jozef Gabčík dans le cimetière de Dablice, Prague 8.

In memoriam

Après la Seconde guerre mondiale, Jozef Gabčík a été élevé in memoriam au rang de lieutenant et honoré aux décorations posthume des deux croix militaires tchécoslovaques ; le 24 juin 2002 il a été honoré lieutenant-colonel in memoriam, (ses décoration militaires : trois croix tchécoslovaques de guerre en 1939, une médaille commémorative tchécoslovaque de guerre et des décorations militaires tchécoslovaques – l’Etoile d’or – pour la Liberté, et le Lion blanc de 1er rang – pour la Victoire.

En Slovaquie, en son honneur, un village porte son nom, Gabčíkovo, à 49 km de la capitale slovaque, dans le district de Dunajská Streda, au bord du Danube et de même que la grande œuvre hydraulique slovaque construite de 1977 à 1992, le barrage de Gabčíkovo.

L’élite militaire du 5e Régiment des Forces spéciales de l’Armée de la République Slovaque, le PŠU – pluk špeciálneho určenia – caserné dans la base de Žilina, créé en 1995, est nommé le Régiment Jozef Gabčík de Žilina – Žilinský pluk Jozefa Gabčíka.

Un monument commémoratif se trouve depuis le 11 octobre 2014 face à la maison natale de Jozef Gabčík dans le village de Poluvsie (Rajecké Teplice). Ce monument rend hommage à Jozef Gabčík bien entendu mais aussi à tous les membres de l’opération Anthrpoïd. Un panneau explicatif se trouve à proximité.

Notes

1 Karel Svoboda devait être l’équipier de Jozef Gabčik pour l’opération Anthropoïd. Suite à sa blessure, il sera remplacé par Jan Kubiš.

2 Durant leur entraînement, le général Frantisek Moravec, chef du service du service des renseignements tchécoslovaque, a prévenu Jozef Gabčík et Jan Kubis qu’il y avait de grande possibilité qu’ils soient pris et exécutés.

3 A Lidice, tous les hommes âgés de plus de 15 ans – 173 en tout – sont fusillés dans la cour de la ferme Horák. Les 235 femmes sont déportées vers les camps de concentration (Ravensbrück). Sur les 105 enfants du village, 89 seront gazés au camp de Chelmno. Quant aux mineurs qui travaillaient la nuit, ils ont été arrêtés dès leur remontée du puits de mine et exécutés à Prague. Les nazis font creuser des fosses communes et le 10 juin 1942, le village est brûlé et rasé.
Bien que le sort du village de Ležáky ressemble à celui de Lidice, commune rasée quinze 15 jours auparavant, il y a quand même une différence. Alors que les habitants de Lidice n’ont nullement été engagés dans le mouvement de la résistance, à Ležáky, la Gestapo a localisé l’existence d’un émetteur qui permettait aux auteurs de l’attentat contre Heydrich d’entretenir le contact avec l’étranger. Bien que quelques personnes seulement aient été au courant de cette activité subversive et que la majorité des habitants de Ležáky ait ignoré l’existence de l’émetteur, les nazis ont décidé de répéter leur opération monstrueuse de Lidice et d’anéantir toute la commune.
Le 24 juin le bourg de Ležáky qui compte 9 maisons, est encerclé et tous les édifices sont pillés et incendiés. Les 47 habitants arrêtés sur place sont transportés dans la ville de Pardubice où tous les adultes sont immédiatement fusillés. 11 enfants des familles de Ležáky sont déportés dans le camp d’extermination de Chelmno où ils mourront dans des chambres à gaz. 254 membres des familles de parachutistes chargés de l’attentat contre Reinhard Heydrich ainsi que leurs collaborateurs seront exécutés le 24 octobre 1942 dans le camp de Mauthausen. D’autres hommes et femmes des environs considérés comme collaborateurs des parachutistes seront déportés dans les camps d’Auschwitz, de Buchenwald et de Ravensbrück.

« Ležáky, village témoin des atrocités commises par les nazis allemands » Václav Richter, 25-06-2012. Radio Praha

4 Cette église est située à l’angle des rues Resslova et Na Zderaze, dans le quartier historique de Nové Město, sur l’autre rive de la Vltava (Moldau), à faible distance du Château Hradčany.

5 Karel Čurda, devenu alcoolique sera, en 1947, condamné par un tribunal militaire tchécoslovaque et exécuté par pendaison pour haute trahison le 29 avril 1947. Selon l’historien tchèque Vojtech Sustek, le nom de Karel Čurda figure aussi sur un document de la Gestapo, découvert en 2003. Čurda est ensuite devenu l’un des meilleurs agents de la Gestapo et il a fait envoyer à la mort des dizaines de résistants. Selon la feuille d’émargement, la Gestapo lui a payé 5 millions de couronnes…
Parmi les dénonciateurs qui figurent aussi sur la feuille, on trouve le prieur de l’ordre des chevaliers de Malte, Franz Werner Bobe, qui dénonçait même les Allemands qui venaient se confesser à lui.

6 Mária Moravcova, qui approvisionnait en nourriture les parachutistes cachés dans la crypte de l’église Saint-Cyrille-et-Méthode se suicidera avant d’être arrêtée par la Gestapo le 17 juin 1942. Son mari et un de ses fils seront exécutés dans le camp de concentration de Mauthausen le 24 Octobre 1942. Son second fils, Miroslav, membre de la RAF, est mort en 1944.

Sources

Attentát na Heydricha. František Emmert. Ed. B4UPublishing s.r.o. 2016

Osobnosti slovenska. I diel. Jozef Leikert. Ed Priroda 2009-2010

Pamätník a rodný dom Jozefa Gabčíka

Jozef Gabčík. Život a smrt velitele paraskupiny Anthropoïd. Jaroslav Čvančara

Radio.cz. Jaroslava Gissübelová. 17-10-2007

www.radio.cz/fr/rubrique/histoire/les-tombes-anonymes-de-parachutistes-retrouvees-au-cimetiere-de-dablice

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Morena, la fin de l’hiver

Mgr Alice Hura – Charles Bugan

Les fêtes de printemps qui vont s’étaler de la mise à mort de Morena jusqu’au dimanche de Pentecôte en passant par la semaine de Pâques, l’arbre de mai… sont des réminiscences des fêtes païennes slaves mélangées au christianisme dont le but est de chasser l’hiver et d’accueillir le renouveau de la nature et le retour de la « lumière ».

Vynášanie Moreny que l’on peut traduire en français par « À bas Morena ! Dehors Morena ! » Il s’agit de déloger Morena du village, comme les chasseurs le font avec le gibier, bref de l’éliminer. Cette coutume de printemps et le rituel qui l’accompagne ont pour but de chasser, de faire fuir l’hiver.

Le rite slave le plus archaïque est probablement celui de l’élimination de l’Hiver, anciennement synonyme de la Mort. Selon la croyance des anciens Slaves, le printemps arrive plus vite si l’on brûle et noie dans la rivière une figurine féminine de paille, représentant la déesse Morena, symbole du mal, de l’hiver, de la mort et des maladies.

Dans les villages slovaques, depuis le Moyen Âge, ce rituel est représenté surtout par un mannequin féminin en paille – Morena, rarement par un mannequin masculin en paille – Dedko, lequel sera finalement jeté dans l’eau ou brûlé.

L’authenticité de cette coutume commence à disparaître dans la première moitié du 20e siècle et aujourd’hui elle est représentée sous une forme scénique par les groupes folkloriques locaux.

Morena est représentée par une figurine féminine de paille tressée, habillée du vêtement traditionnel de fête ou parfois de mariage et décorée de rubans colorés. Ce mannequin symbolisant l’hiver et le tout mauvais, et est connu dans toutes les régions slovaques et porte plusieurs surnoms en patois slovaque : Morena/Muriena, Marmuriena, Marmariena, Marmoriena, Ma-Murienda, Mariena, Mara, Morana, Marzana, Marena, Smrť/Smrtka, Baba, Hejhana, Kyseľ, Kyselica et il en est de même dans les langues slaves des pays voisins :

En tchèque : Morena, Mařena, Mořana (Morzannie), Mařák, Smrt, Smrtka, Smrťák.

En polonais : Marzanna, Marzana, Marzena, Morzana, Morana, Morena, rituel Topienie Marzanny – Noyade de Marzanna, Smierc, Smiercicha.

En bulgare : Mora, Morena, Mara, Morana.

En croate : Morana, Morena, Marana, Marena, Mora, Mara (en Dalmatie et en Slavonie).

En ukrainien : Mara, Marena.

Les peuples slaves avaient fait du rituel archaïque de Morena qu’après les longs mois d’hiver, il fallait l’éliminer. L’hiver, représenté par la déesse Morena, devait s’achever et terminer sa domination et laisser au plus vite la place à l’arrivée de la divinité du soleil de printemps, et à la chaleur, – divinité qui portait le nom slave de Yar ou Yaro, Yarilo, Yarovit – et à la déesse slave du printemps, Vesna.

Selon une hypothèse, les anciens slaves pratiquaient un sacrifice vivant lors du rituel de passage de saison. Plus tard, ils auraient remplacé le sacrifice vivant par une figurine de paille portant le nom de Morena ou Smrtka – la Mort.

Les premiers rituels écrits de Morena sont connus dès le 16e siècle sur le territoire slovaque. Cependant, déjà au 14e siècle, des cérémonies étaient célébrées mais furent interdites par le roi tchèque Karol IV – Charles IV, pour cause de rituel païen. Ce rituel, en provenance de pays voisins slaves, était pratiqué par les adultes. Plus tard, il reprendra et sera pratiqué par la jeunesse, surtout par les filles.

Une description du 19e siècle de l’ethnographe slovaque Jan Čaplovič (1780 – 1847) évoquant une cérémonie de l’élimination de Morena par une forme active est développée. Mais, selon lui, sa structure ne permet pas de déployer des fonctions de divertissement et la vision de la superstition est disparue.

Nous savons aujourd’hui que les exécuteurs « testamentaires », dans de nombreuses zones régionales, seront les enfants ou les adolescents et que, même si aujourd’hui, plusieurs traditions se sont perdues ou sont devenues relativement rare, Morena, par son innovation en forme de spectacle, implique en particulier les groupes folkloriques locaux qui perpétuent encore cette tradition païenne, même si avec le temps, ce rituel a perdu de son sens magique.

Chaque Dimanche Noire avant Pâques (5e dimanche du carême ou le Dimanche de la Passion) en Slovaquie, les groupes folkloriques locaux présentent ce rituel comme un spectacle traditionnel.

La représentation du rituel de l’élimination de Morena en Slovaquie – Vynášanie Moreny

Le scénario prévoit de promener Morena – le mannequin de paille – en chantant, dans le village, puis de la brûler et enfin de la jeter dans la rivière.

Le mannequin de paille qui représente la déesse Morena – l’hiver est fabriqué à partir d’une ossature en bois en forme de croix sur laquelle sont empalées des gerbes de paille. Morena est habillée de vêtements traditionnels féminins de fête ou de mariage : jupe, chemisier ou corsage pailleté et foulard. La tête de Morena est aussi crée avec de la paille et emballée dans de la toile blanche sur laquelle est dessiné un visage.

Lors du dimanche noir, ce sont uniquement des jeunes filles, symbole de la virginité, qui portent la figurine féminine de Morena mais parfois, pour des raisons de poids, c’est un garçon qui porte le mannequin, et qui accompagnent le déplacement dans le village en chantant des chansons comportant des paroles à caractères magiques « Morena, Morena kde si prebývala ? – Morena, Morena où étais-tu pendant ce long temps ».

Le cortège se déplace autour et dans le village en se dirigeant vers la rivière, le ruisseau ou le lac. Là, la figurine est déshabillée, enflammée et jetée en flammes dans l’eau. Morena, symbole de l’hiver, est brûlée et noyée pour faire place à la joie d’accueillir le retour du printemps et donc de l’éveil de la nature avec toutes ses promesses d’abondantes récoltes futures.
Parfois, Morena quitte le village par une extrémité pour son funeste destin pendant qu’à l’autre extrémité entre le Mai (Maik, Letečko, letetchko, Lesola) symbole de la nature verte ou de la verdure du printemps, représenté par un petit arbre vert orné de rubans colorés et de coquilles d’œufs entiers et vides suspendus aux branches.

Le couple formé par la Morena et par Dedko

Dans la même idée de « chasser l’hiver », on retrouve dans les régions montagneuses de Liptov et d’Orava, un rituel, aujourd’hui présenté par les groupes folkloriques locaux, de Morena accompagnée, avec un rituel similaire, d’une figurine d’homme en paille appelé Dedo ou Dedko, Dido, Ďondo, Chlap, Majmurien. Le mannequin de paille représente un vieillard, Dedo – Pépé, qui symbolise la cause de la faim (ou de rester sur sa faim) en hiver. Dedo est un personnage égoïste et goinfre, qui n’a jamais assez, c’est pourquoi, il fait partie de la marche de Morena autour du village.

Dedko est aussi fabriqué à partir d’une ossature en forme de croix de bois, emballé de paille tressée et habillé de vêtement traditionnel d’homme : pantalon de toile brut, chemise, casaque ou camisole et chapeau fourré. Sa tête est crée avec de la paille et emballée dans de la toile sur laquelle est dessiné un visage d’homme.

Dedko est porté par des garçons adolescents ou des jeunes recrues militaires (dans le village de Liptovska Kokava).

Les chants de Morena et de Dedko

Des chants « magiques » les accompagnent tout au long de leur passage dans le village. Le chant a plusieurs variantes selon les régions, mais les paroles stigmatisent le fait de se débarrasser de ce qui est mauvais : la maladie, la mort, la faim, le froid dans le village. Voici quelques textes.

Vynesieme, vynesieme Morenu zo vsi,
prinesieme, prinesieme nový máj do vsi…

Morena, Morena kde si prebývala ?
V tom krajnom dome, v tej starej komore…

Variante : Vynesieme Morenu z dediny,
prinesieme novu jar do dediny…

Débusquerons-nous, débusquerons-nous la Morena du village,
Apporterons-nous, apporterons-nous le nouveau mai au village…

Morena, Morena où habites-tu ?
Dans la maison du bout du village, dans de vieux débarras…

Débusquerons-nous, débusquerons-nous la Morena du village,
Apporterons-nous, apporterons-nous le nouveau printemps au village…

Une variante du chant lors de la marche des filles dans le village dans la région de Liptov

Vynesieme, vynesieme Marmurienu zo vsi, Marmurienu zo vsi ;
Prinesieme prinesieme Máj nový do vsi, Máj nový do vsi ;
Muriena naša, kdes prebývala ?
V dedinskom dome, v novej stodole.

Au moment du rituel où Morena est brûlée et jetée dans l’eau et où les jeunes filles ornent le petit arbre nommé Mai ou Maik, Letečko, Lesola, symbolisant la nature verte ou la verdure du printemps, les jeunes entament le chant suivant:

Vyniesli sme, vyniesli sme Murienu zo vsi, Murienu zo vsi.
Nous avons débuché, nous avons débuché la Muriena du village,
Priniesli sme, priniesli sme, Máj nový do vsi, Máj nový do vsi.
Nous avons apporté, nous avons apporté, le nouveau mai au village, le nouveau mai au village
Posejeme, posejeme suržicu s ovsy, suržicu s ovsy.
Nous sèmerons, nous sèmerons le grain d’orge avec l’avoine
Navarime, navarime čierneho piva, čierneho piva.
Nous cuisinerons, nous cuisinerons la bière noire, la bière noire
Opojime, opojime, kmeťovho syna, kmeťovho syna.
Nous enivrerons, nous enivrerons, le fils du vieillard, le fils du vieillard (1)
Ak nebude piti, budeme ho biti, budeme ho biti;
S’il ne veut pas boire, nous le battrons
S troma kyjmi kyjovati, za vlasy ho ruvati;
Avec les trois massues, nous le masserons, nous le tirerons par les cheveux
Dáme mu, dáme mu šidlo i kopyto, jeho žene sito i koryto.
Nous lui donnerons, nous lui donnerons un pied de fer et un poinçon, pour sa femme un tamis et une mangeoire.

Autre chant de Morena en patois de Slovaquie occidentale :

Morena, Morena ! Za kohos umrela ?
Né za ny, né za ny !
Než za ty kresťany !

Morena, Morena ! Pour qui tu es morte ?
Pas pour eux, pas pour eux !
Mais pour les chrétiens !

Et pour Dedo, dans la chanson « magique », Vynášanie Dedka ou Dedo, les paroles disent qu’il faut se débarrasser de la cause de la faim, de l’hiver :

Dedko náš Dedko, požral si nam všetko, nič si nam nenechal, tak si sa dobre mal !

Pépé, notre Pépé, tu nous a tout mangé, tu ne nous a rien laissé, tu étais bien ainsi !

Le rituel aujourd’hui

Dans la région de Liptov, dans la ville de Ružomberok, la coutume du printemps et le rituel slave de faire fuir ou bouter hors l’hiver et l’élimination de Morena – Vynášanie Murieny est représenté, chaque année, selon la tradition populaire par, notamment, l’ensemble folklorique Liptov.

Dans le cortège du groupe Liptov de Ružomberok, Morena précède le cortège et on pouvait voir, à l’arrière-plan, une jeune fille surélevée qui représentait la déesse Vesna, annonçant l’arrivée du printemps.

Note :

1 le vieillard est Dedko

Sources :

Malý lexikon ľudovej kultúry Slovenska. Kliment ONDREJKA. Edition Mapa Slovakia Bratislava, 2003 (www.mapa.sk)

Encyklopédia ľudovej kultúry Slovenska 1. Edition SAV Bratislava, 1995

Rok vo zvykoch nášho ľudu. Emilia HORVATOVA. Edition TATRAN, 1986

Slovenský rok. Rastislava STOLIČNÁ. Edition MS, 2004

Zborník Slovenského Národného Múzea, Ethnographia à Martin année 34, éditeur SNM Bratislava, 1993

Z ľudovej kultúry Turca. Eva PANČUHOVÁ et Zora MINTALOVÁ. Edition MS Martin, 2004

U nás taká obyčaj – Slovenské ľudové tradície. Vojtech MAJLING. Edition Computer Press Brno, 2007 (http://knihy.cpress.cz)

Slovenský rok. V ľudových zvykoch, obradoch a sviatkoch. Katarina Nádaská. Edition Fortuna Libri, 2012

Gerulata, le site romain

Mgr Alice Hura – Charles Bugan

Nous voici plongé dans le monde de la Rome antique. Le castel militaire romain de Gerulata, qui était situé sur le bord nord de la province de Pannonie, à l’extrémité septentrionale de l’Empire romain était intégré dans le système de fortification du limes romain danubien.

Ce site de Gerulata était composé d’un important camp militaire auxiliaire et d’un village civil où se trouvaient artisans et commerçants.

A proximité du camp militaire de Gerulata se trouvait probablement un gué du Danube et un quai de débarquement, mais les parties du port sur la rivière n’ont pas encore été découvertes.

L’archéosite de Gerulata abrite aussi le Musée de l’antiquité romaine et est sous la gestion du Musée de la ville de Bratislava. Situé à 12 km du centre de Bratislava, dans la rue Gerulatska, dans l’ancienne commune de Rusovce qui, en 1972, est devenue une partie urbaine de la capitale Bratislava.

Depuis 1963, le site archéologique – castel (castellum) militaire romain de Gerulata – est classé Monument culturel national slovaque.

En 2012, le site antique de Gerulata est nominé, avec le vestige du camp militaire romain Kelemantia ou Celamantia d’Iža, près de la ville de Komárno en Slovaquie, dans le projet européen Limes Danubien les frontières de l’Empire Romain (avec la participation de 8 pays européens) pour le titre de patrimoine mondial culturel de l’UNESCO.

Introduction

Pendant près de quatre siècles, les Romains vont ériger, à leurs frontières, des moyens de défense afin de protéger leur vaste empire contre les attaques de leurs adversaires. Le mur d’Hadrien et le mur d’Antonin en Grande-Bretagne. En Europe continentale, la frontière entre l’Empire et les Barbares coïncidait avec le Rhin et le Danube.

Situé précisément sur le moyen Danube, dans la plaine danubienne, sur le bord nord de la province de Pannonie, à l’extrémité septentrionale de l’Empire romain, a moins de 30 km du site important de Carnuntum en Autriche. Le Castellum Gerulata était un de ces moyens de défense construit sur le limes danubien.

A proximité du camp militaire de Gerulata se trouvait probablement un gué du Danube et un quai de débarquement, mais les parties du port sur la rivière n’ont pas encore été découvertes.
Le nom de Gerulata a probablement été pris par les romains aux Celtes y habitant (mentionné aussi comme Gerolota, Gerolate, Gerularis, Gerulara, Gerulatorum).

Ce site d’architecture romaine est le mieux conservé de la Slovaquie. Presque toute l’agglomération antique de Gerulata se trouve sous la zone urbaine médiévale et moderne de la commune actuelle de Rusovce.

Gerulata dans le limes Romain du Danube moyen

Le territoire slovaque actuel, a été peuplé depuis le 1er siècle jusqu’au 4ème siècle par des tribus germaniques et celtiques. Les régions du nord du Danube, en Slovaquie occidentale aujourd’hui, situées dans le voisinage immédiat de l’Empire romain, étaient habitées par les Marcomans et les Quades, tribus germaniques. Sous le règne de Marc-Aurèle et de Valentinien Ier, les légionnaires romains pénétraient profondément jusqu’au Nord, dans la vallée du Váh centrale et dans la vallée du Hron. En 179-180, pendant les Guerres contre les Marcomans, les légionnaires romains hivernaient dans le camp de Laugaricio – aujourd’hui Trenčín. Un texte gravé dans la pierre sous le château de Trenčin le rappelle.

La frontière du Nord de l’Empire romain – de la province de Pannonie – a été formée par le Danube – comme une barrière naturelle fluviale. Le long du parcours du fleuve du Danube, les Romains ont progressivement construit un vaste système de fortifications, les Limes Romanus danubiens, une série de places fortes reliées par une voie de rocade suivant le cours du Danube, jusqu’à son embouchure.

L’incorporation du territoire slovaque à l’empire romain faisait partie du bassin du Danube et dans la commune actuelle de Rusovce, se trouvait l’un des points forts de la frontière romaine danubienne – le site de Gerulata, un important camp militaire auxiliaire ainsi qu’une partie civile avec un arrière-plan économique regroupant artisans et commerçants.

Le castellum de Gerulata est connu par les sources antiques romaines : ltinerarium Antonini Augusti (un guide de voyage, qui recense les villes de l’Empire romain) et Notitia dignitatum imperii romanum (un document administratif romain de l’extrême fin du 4e siècle et début du 5e siècle, où sous le chapitre XXXIV. Dux Pannoniae primae, est mentionné Equites sagittarii, Gerolate (Gerulata). Ce site est aussi mentionné dans la Tabula Peutingeriana, la carte de l’humaniste Conrad Peutinger (1465 – 1547), où l’on retrouve nommée Gerulata, ou Gerulatorum, comme la ville de la Basse Pannonie du 4e siècle après J-C.

L’établissement du camp romain de Gerulata a été mis sur pied pendant le gouvernement de la dynastie d’empereurs romains des Flaviens (de 69 à 96 apr. J-C) et faisait partie du système de défense romain des Limes Romanus du Danube.

La ligne du limes Romain du Danube moyen partait des camps de légionnaires de Carnuntum (Bad Deutch Altenburg et Petronell en Autriche), et se terminait à Ad Flexum (Moson-magyaróvár en Hongrie). Le castel militaire romain Gerulata se situe à environ 28 km de Carnuntum, capitale de la province de Pannonie Superior.

Quatre étapes de la construction du camp militaire romain de Gerulata, du 1e au 4e siècle, ont été identifiées

Première étape

Sous l’ère de la dynastie romaine des Flaviens, de 69 à 96, (surtout pendant un long règne de l’empereur Domitien, de 81 à 96 apr. J-C) jusqu’aux années 70 du 2e siècle.

C’est sous Domitien – Domitianus (81 – 96) que les troupes légionnaires de Carnuntum (légions X, XIV et XV) ont construits le castel militaire Gerulata. Vers la fin du 1er siècle, le site de Gerulata eu une garnison permanente. De cette époque, les restes des bâtiments, peut-être de caractère militaire, ont été préservés. On y a trouvé en effet des briques rouges et des tuiles de construction estampillées du nom des légions romaines qui ont occupés, quelque temps, la localité du camp romain de Gerulata. En 1964, une fortification composée de doubles fossés et de remparts réalisés en terre et en bois a été partiellement identifiée pendant les premières fouilles archéologiques à l’endroit appelé Bergl à Rusovce. Un autre fossé, long de 27 mètres et le coin du camp militaire exposé au sud, sont situés actuellement dans la rue Madarská, derrière l’église évangélique de Rusovce.

Deuxième étape

Vers 170, sous le gouvernement de la dynastie des Antonins et jusqu’à l’empereur Aurélien dans les années 90 du 3e siècle.

Au début du 2e siècle apr. J-C, dans le camp de légionnaires à Gerulata, s’installa la troupe d’élite de cavalerie, l’aile – A la Prima Cananefatum qui comptait environ 500 hommes et était dirigée par un préfet d’ordre équestre. Elle était constituée par les Cananefates, hommes de la tribu germanique vivant dans le delta du Rhin. Ces hommes formaient plusieurs unités auxiliaires dans l’armée romaine. Cette aide permettait d’acquérir, en fin de service, le prestigieux titre de citoyen romain.

L’aile militaire de cavalerie des Cananefates fut établie dans la province de Pannonie après son temps au campement romain de Lopodunum, aujourd’hui Ladenburg en Allemagne.

On trouve aussi la présence d’autres unités comme la IIe légion, la cohorte XVIIIe des volontaires, la Ve cohorte Lucensium Callaecorum, et la Première cohorte d’archers Aelia Sigittariorum.

La deuxième étape de la construction du camp en pierre n’est pas bien connue actuellement, mais sa surface de 150 à 170 mètres dépassait le premier camp romain qui a été construit en terre et en bois. La maçonnerie en pierre de la construction intérieure du camp créait un bâtiment à la fondation carrée avec l’épaisseur d’un mur de 45 à 60 cm. L’un des murs, avec une longueur allant jusque 25 mètres est exposé à l’extérieur du musée d’antiquité de Gerulata.
Plus tard, la partie nord-est du castel et du camp a été détruite par les crues du Danube, mais une partie du mur périphérique est visible au musée. Près du grenier paroissial, la partie de la ligne sud-ouest du mur défensif périphérique, construite en pierre, est large de 2,4 m et profonde de 3,2 m.

Le camp militaire, avec ses quatre portes et quatre tours d’angle, était entouré par les fossés défensifs et les remparts avec des palissades en bois, par les murs avec un système défensif dit « les fosses abattis ».

La porte principale – Porta praetoria était orientée vers l’est (vers l’ennemi), le réseau des voies inférieurs avec le système de canalisation se trouvait sous l’angle droit. La route principale – Via principalis se croisait avec la route – Via praetoria au centre du camp avant le quartier général.

Troisième étape

Elle commence à la fin du 3e siècle (les 30 dernières années du 3e siècle) et jusqu’au 375 ou 380, c’est une période pendant laquelle la reconstruction du camp romain de Gerulata était très fréquente, elle est représentée par le Castel militaire à la fondation presque carrée entouré par un mur d’enceinte en pierre. Le camp militaire était d’une surface de 200 m². Selon une supposition, le mur n° 11 (en direction du nord-ouest) qui est exposé dans l’aire du musée, bordait le port fluvial. Une preuve appréciable archéologique, exposée au musée, est un vestige d’une porte au commencement de la Via Carnuntiana – alors la voie romane reliant le camp de Gerulata avec le camp de Carnuntum (en Autriche).
Dans les 30 dernières années du 4e siècle, sous l’empereur Valentinien, les travaux de fortifications du limes danubien sont conduits par l’officier romain Tempsonius Ursicinus, son nom a été découvert aussi sur les débris de briques estampillées à Gerulata.

Quatrième étape

Après 375 – 380, c’est la période de la construction d’un fort auxiliaire, le castellum, avec des tours (turris) de guet, pendant l’antiquité tardive. L’activité principale des travaux de reconstruction, a été de bâtir un castel au coin nord du camp militaire de Gerulata. La surface totale du castel militaire a été nettement réduite.

Les vestiges de l’architecture romaine sont présentés au Musée d’antiquité de Gerulata, grâce aux résultats des fouilles. Un bâtiment de coin de 29 à 30 mètres a été identifié, situé au nord du fort militaire romain du 4e siècle, et à l’intérieur 12 colonnes en pierre entourent l’atrium avec un puits en pierre ou un bassin situé asymétriquement en son centre. Les colonnes avaient un soubassement maçonné de 3 à 4 mètres, de même que les murs périphériques avec leur épaisseur de 240 cm composant le fort auxiliaire de Gerulata. Cela fait penser qu’il s’agissait d’une structure à trois étages.
Pour la construction de cette fortification, des pierres sculptées (pierres tombales, stèles, etc. aujourd’hui exposées dans le lapidaire du musée) ont été utilisées secondairement.

La zone civile – le vicus

Il semble que sur le site de Gerulata, l’agglomération civile, le vicus, avait dans son épanouissement, une population que l’on peut estimer à environ 3000 habitants.

Le vicus entourait le camp militaire de trois côtés. Le quatrième côté « decumate » était situé vers la rivière.

Fin du site antique de Gerulata

Il semble, que le site de Gerulata, l’ancien camp militaire (castellum) et la partie civile (vicus) ont été abandonnés par ses habitants après la chute de la puissance romaine et à la suite d’invasion barbares. Les fédérâtes romains Goths se sont installés dans l’aire de Gerulata (le cimetière lombardien découvert a livré plus de 166 tombes datant du 5e au 6e siècle), puis le site sera occupé par les Slaves au 7e siècle. Ils vont s’y installer et repeupler ce site et lui donner un nouveau nom : Rusovce.

Les Fouilles

L’ancien site de Gerulata comprenait, selon les découvertes :

– le Castel militaire romain et le camp militaire ;
– les tours de guet et de signalisation ;
– le quai sur le Danube ;
– les hameaux romains civils (Vicus) ;
– les nécropoles romaines situées extra pommerium – aux bords des routes en limite des agglomérations ;
– les fermes agricoles ;
– les maisons de campagne luxueuses du type la Villa Rustica, les vestiges étaient situés à Čuňovo, ils furent découverts pendant la construction de l’autoroute D2 (autoroute qui va de la frontière tchèque à Bratislava vers la Hongrie) au sud près de Rusovce ;
– le site de campagne antique et la villa rustiqua de l’époque des Sévères de 193 à 235 – qui font partie de l’ancien environnement agricole de Gerulata.

Les fouilles dans le temps

Les premiers sondages archéologiques à Rusovce commencèrent à la fin du 19e siècle, en 1888, sous Agost Sötter, archéologue hongrois. Quelques trouvailles sont exposées au musée hongrois à Mosonmagyaróvár.

Après 1947, les archéologues slovaques commencent fouiller à Rusovce.

Quand en 1961, sur le lieu dit Bergl, une petite colline derrière l’église de Sainte Magdalena à Rusovce, pendant des travaux de construction, on découvre, par hasard, les vestiges de l’aire du bourg avec un double fossé défensif romain. Ce site a été assuré par des fouilles préventives. Mais la trouvaille exceptionnelle d’une pierre épigraphique avec le nom en latin Gervlata (Gerulata), confirmait l’existence d’un camp militaire romain et donnait une impulsion pour la fondation d’un musée archéologique in situ. Ces vestiges d’antiquité reviennent alors sous le patrimoine archéologique slovaque.

Depuis 1964, des fouilles sont programmées à Rusovce sous Jan Dekan (de 1965 au 1972) et de 1976 au 1987 sous Ladislav Snopko.

En 1998 et en 2000, les fouilles permettent la découverte du coin du camp romain à l’orientation sud-est et la ligne du double fossé défensif dans un périmètre de 27 m de long sur la rue Maďarská à Rusovce. A l’intérieur de ce camp romain, les casernes et les baraques des hommes ont aussi été fouillées.

En 1965, à Rusovce, 3 cimetières de l’époque romaine ont été découverts ainsi que des tombeaux d’inhumation, et d’incarnation. Les tombes les plus anciennes datent de la seconde moitié du 1er siècle, la plus jeune de la fin du 4ème siècle.
Selon les résultats des fouilles archéologiques réalisées dans les années 1990 – 2002 à Rusovce, les vestiges du camp militaire romain de Gerulata et le noyau d’une agglomération résidentielle civile de l’époque romaine, se trouvaient pratiquement sur tout le territoire de l’actuelle commune de Rusovce.

Dans la partie du vicus, l’agglomération civil romaine, près de la voie romaine, allant vers Carnuntum, capitale de la province Pannonie Supérieure. Selon les dernières fouilles, là ont été trouvées des bâtiments en briques crues mais aussi des vestiges d’architectures en pierres avec les fragments de riches peintures murales intérieures, des canalisations et des pièces particulièrement bien conservées ayant été chauffées par hypocauste.

Pour l’instant 5 cimetières antiques situés extra pommerium – derrière les remparts, ont été retrouvés. On y trouve des tombeaux de type d’incinération, d’inhumation, et combinés. Les tombes les plus anciennes ont été retrouvées sur le cimetière n° II. Les tombeaux sont en forme de fosse simple, de cryptes en briques, de sarcophages, de cryptes en pierres. La combinaison d’inhumation et d’incinération des morts sur les nécropoles de Gerulata, est typique pour l’époque du Haut Empire Romain.

Une coexistence de la population romanisée et des Germains est documentée dans la nécropole n° III, actuellement sur la rue Kovacsova, en direction du sud du cimetière actuel de Rusovce.

En 2003, une nécropole de l’époque de l’invasion barbare a été fouillée dans le cadastre territorial, dans la localité de Pieskový hon, de Rusovce. Parmi les 166 tombeaux, probablement Lombards ou germains, on découvrit aussi des tombes de chiens et de chevaux.

Des noms latins

Quelques noms de citoyens romains et de militaires ont été découverts à Gerulata (34 noms sont publiés). Ils appartenaient à l’unité auxiliaire – Ala Prima Cannanefatium – constituée de la cavalerie et de l’archerie romaine :

Marius Firmus – praefectus alae – préfet d’aile
P.Gavius Balbus – préfet
L.Crepius Paulus – préfet
Aelius Tutor – stator de l’Ala Prima Cannanefatium
Marcus Antonius Iulianus – stator de l’Ala Prima Cannanefatium de Gordiannus
Maximus – praefectum statorum de l’Ala Prima Cannanefatium
Titus Flavius Surillo – praefectum statorum de l’Ala Prima Cannanefatium
Titus Magnis – praefectum statorum de l’Ala Prima Cannanefatium de Sévère
Flavius Attius – buccinatore (trompettiste) musicien
Adiutor – nom sur la stèle d’un cavalier, tombé à l’âge de 42 ans. Il était au service des troupes auxiliaires pannoniennes participantes à la guerre contre les Maures dans la province romaine de la Maurétanie Césarienne sous Antonin le Pieux (règne de 138 à 161).

Le musée de l’antiquité romaine

Le musée de l’antiquité romaine Gerulata de Bratislava-Rusovce, présente les pièces les plus spectaculaires découvertes in situ lors des prospections et des fouilles systématiques qui y sont conduites depuis 1964.
Ces découvertes révèlent le passé romain de Gerulata. De l’imposante architecture antique, en passant par des objets de la vie quotidienne et des objets de la religion romaine et des cultes orientaux. Les fragments de statues et de reliefs romains, les chapiteaux et les fragments de colonnes, les fragments épigraphiques en pierre, les pierres tombales, les stèles, les autels votifs, les amphores, les lampes, les armes, les pièces de monnaies sont exposées dans le musée. On y retrouve, par exemple, un denier d’argent à la mémoire de la XIXe légion massacrée par les germains pendant la bataille de la forêt de Teutoburg en l’an 9 apr. J.-C.

Les artefacts archéologiques romains du 1er au 3e siècle apr. J-C, découverts à Gerulata

Le fragment du récipient aux serpents est considéré comme une preuve de l’existence d’un culte d’Orient du dieu perse de la lumière et du soleil, le dieu Mithra, dans le camp militaire romain Gerulata.

Les fragments des autels de la religion romaine : les autels de dédicace en latin de Jupiter Dolichenus, des fragments d’autel avec inscription votive.

Les autels dédiés au culte impérial de Salus Augusta – Salut d’Auguste, introduit après la mort d’Auguste en 14 apr. J-C. Le Sénat lui accorda l’apothéose et le plaça au rang des dieux. Les habitants dans les provinces rendaient un culte à la déesse Roma, désormais ils offrirent des sacrifices à Rome et à Auguste.

L’autel consacré à la triade divine de Jupiter, Junon et Minerve.

Le fragment d’autel de dédicace en latin de Silvanus, le dieu Silvain. Dans la mythologie romaine, il est le dieu tutélaire des forêts et des arbres, gouvernant les frontières entre le monde sauvage et celui des humains : Silvano Deo Sancto Viatori – Silvanus, dieu protecteur des voies.

Les fragments d’autel du culte d’Orient consacré à la déesse Cybèle. Culte de la Grande Mère des dieux, Matri Magnae Deum. (1)

La pierre tombale comportant un relief du dieu Attis, le dieu phrygien de la végétation dont le culte était inséparable de celui de Cybèle (2).

Un fragment d’autel du culte d’Isis, déesse de la fertilité d’origine égyptienne. (3)

Le motif des personnages mythiques Dédale et Icare.

Un relief monumental polychromé d’une pierre tombale – une pierre calcaire de 103 x 90 x 22 cm – datant de la fin du 1e siècle et du début du 2e siècle, découvert dans les ruines du site antique de Gerulata, représente le symbole mors immatura, mort d’un jeune ou le symbole d’un destin tragique.

Un récipient anthropoforme. Il s’agit d’un objet cultuel de Clotho ou de la parque Nona, en latin Neuna Fata, la fileuse de la destinée humaine, l’une des trois parques dans la religion romaine.

Les motifs d’animaux, représentés sur des reliefs : cheval, lion, taureau, aigle, dauphin, hippocampe et griffons (animaux mythologiques) ainsi que d’autres motifs végétaux comme l’acanthe, le lierre, la vigne, la pomme de pin, la grenade…

Notes

1 La déesse anatolienne Cybèle arrive à Rome vers 204 avant J-C.

2 le culte d’Attis était répandu à Rome au 3e siècle.

3 Les mystères d’Isis exercèrent une grande influence dans la Rome antique (l’empereur Caligula s’intéresse au culte d’Isis au 1ère siècle) : Isidi Magnae Matri Deum Sarapidi, Isis, la grande déesse des dieux et Sarapis.

Références

Rímske kamenné pamiatky Gerulata. Metské muzeum v Bratislave. Archeologický ústav SAV. Jaroslava Schmidtová, Jitka Jezná, Anita Kozubová, Venované pamiatke prof. PhDr. Radislava Hošeka, Csc. Bratislava – Nitra 2005

Rímsky Vojensý Tábor Gerulata, Bratilava Rusovce

Frontières de l’Empire Romain. David J Breeze, Sonja Jilek, Andreas Thiel. Published by Historic Scotland, UK and Deutsche Limes kommission, Germany Edinburgh – Esslingen – Wien 2005

Dunajský limes na Slovensu – Rímske antické pamiatky na strednom Dunaji. Rímsky vojensý kastel Gerulata v Bratislave-Rusovciach. Schmidtová J., Gáfriková O., Pinčíková Ľ. Pamiatkovy úrad Slovenskej republiky. www.pamiatky.sk

Carnuntum, c’était il y a 2000 ans. Archäologischer Park Carnuntum Betriebsges, mbH

Le Limes, les frontières de l’Empire romain. Bertrand Borie. Histoire Antique et Médiévale n° 65 janvier/février 2013. Editions FATON

PS : L’archéosite Gerulata abrite le Musée de l’antiquité et est sous la gestion du Musée de la ville de Bratislava (Bratislava City Museum) :

http://www.muzeum.bratislava.sk

http://www.muzeum.bratislava.sk/anticka-gerulata-rusovce/d-1019

Chaque année au début du mois septembre, dans le musée de l’antiquité de Gerulata, se déroule l’animation « Jeux romains » (Rímske hry) un spectacle qui, depuis 1999, est une représentation de la vie dans une ville romaine. Ce spectacle est assuré par des étudiants en arts dramatiques de Bratislava.