Cortège de carnaval à Hrboltová

Charles Bugan

La marche du carnaval dans les villages telle qu’elle est pratiquée aujourd’hui dans les régions du Nord de la Slovaquie, porte le nom de Bursa – Fašiangova bursa.
Il s’agit d‘un cortège joyeux de mascarade dansant et les participants y chantent des formules de souhaits de bonheur et collectent des aliments auprès des villageois dans un panier (œufs, saucisses, lard, beignets frits) qu’ils se partageront ensuite lors du repas de carnaval.

Dans le petit village de Hrboltová, ce samedi 8 février était le jour du cortège carnavalesque. On y retrouvait des personnages masqués de la tradition, comme l’ours, des jeunes en costumes traditionnels qui déambulaient en musique dans le village tout en chantant et racontant des blagues dans le but d’apporter du bonheur et de la joie et au point d’arrêt une dégustation de vin chaud et de délicieuses pâtisseries typiques comme les šišky, fanky, pampúchy, un véritable régal – miam.

Quelques photos de ce bon moment sous le soleil

Fašiangy – le Carnaval rural en Slovaquie

Alice Hura – Charles Bugan

Le carnaval semble être un reste des fêtes populaires ancestrales telles que les Bacchanales, les Lupercales, les Saturnales, la Fêtes des Fous…
Le carnaval avait lieu naguère le lendemain de la fête des Rois (6 janvier) et pouvait se prolonger jusqu’au mercredi des Cendres (après le dimanche de Quinquagésime). Il s’achevait donc sur les Jours Gras dont le point culminant était la cavalcade du Mardi-Gras.
En Slovaquie, il fait partie du cycle saisonnier et annonce la période de l’avant printemps, du réveil de la nature. C’est aussi une période festive qui permet des excentricités et qui s’achève par un repas symbolique autour de l’abattage d’un porc.

L’étymologie du mot fašiangy

En Slovaquie, cette période est déjà connue depuis le Moyen Age sous l‘appellation Fašiangy. L’étymologie du mot faschang est une ancienne appellation d’origine allemande ou d’un patois allemand. Selon certaine source, le mot vast-schanc désigne un débit de boissons avant le carême ou fastnacht – fast-nacht qui désigne la nuit avant le carême. Ce mot sera dénaturé ou plus probablement ʺslaviséʺ dans la langue slovaque.

En Slovaquie, nous trouvons aussi une autre ancienne appellation – Masopust – qui est le mot slave utilisé pour désigner la période du carnaval. Il est à noter que ce terme est toujours utilisé de nos jours dans certaines régions de l’ouest de la Slovaquie, dans la région de Moravie et en Tchèquie.

Il est très probable que sur le territoire slovaque, au Haut Moyen Age, vers le IXe siècle (9. storočia), les mots Masopust, Mjesopust, Mjasnica étaient utilisés pour désigner la période carnavalesque mais que la colonisation allemande qui va succéder aux invasions Tartares, va introduire l‘appellation d’origine germanique – fašiangy.

Traditions du carnaval

Dans le calendrier populaire slovaque, la période du carnaval est la deuxième partie de l’hiver. Il est donc normal de retrouver dans les rituels d‘anciens actes à caractère magique pour le souhait de prospérité pour les mois qui vont suivre. Prospérité au point de vue des cultures mais aussi au point de vue de la bonne santé des Hommes et, bien entendu, du bétail.

Le repas traditionnel est donc la représentation de ce souhait de prospérité, comme à Noël. Le menu sera composé essentiellement de pâtes, des nouilles longues qui sont cuites le jour du 25 janvier (c’est le jour de la conversion de saint Paul), à la Chandeleur, le 2 février et puis en dernier, lors de la période du carnaval.

D‘autres anciennes traditions slovaques consistent à pratiquer la ʺglisseʺ en luge sur la neige (cela fait partie du rituel de la période), de danser des danses populaires accompagnées de bonds en hauteur dans le but d’influencer, dans le bon sens, une bonne récolte des plantes textiles, lin et chanvre.

A la maison, la période du carnaval était une étape dans le travail ménager. Jadis, c’etait le temps du filage à la main, mais aujourd’hui, évolution de la société, c’est le temps de l’abattage d’un porc et les fêtes s’organisent ensuite autour de la dégustation de charcuterie, de gratons ou de boudin.

C’est aussi le temps de mariage traditionnel et des activités de préparation des jeunes villageoises en vue de leur mariage. Les femmes des villages vont aussi organiser des réunions dansantes à la maison, activité plus rare dans la région du nord-est de la Slovaquie, où les jeunes femmes mariées préfèrent se réunir et danser dans une taverne.

Enfin, c‘est le temps de cortèges masqués accompagnés de musique qui vont déambuler dans les rues du village et qui vont récolter des aliments dans leurs paniers, œufs, saucisses, lard, beignets frits seront le butin de cette collecte afin de festoyer et danser ensemble dans l’auberge locale, en principe, le jour du carnaval avant le Mercredi des cendres.

Selon des ethnographes, les masques de carnaval plus archaïques sont les masques zoomorphes, symbolisant des animaux. C’est ainsi qu’en Slovaquie nous observons la présence d’animaux comme le taureau ou l’auroch sous le masque du Turoň, de la chèvre, de l’ours et du cheval. Nous reviendrons avec un article consacré à ces masques et à leur symbolisme.

Hélas, aujourd’hui, le carnaval est beaucoup plus modeste qu’autrefois, les jeunes de la ville le fête le plus souvent en discothèque et les adultes au bal ou en rencontre avec des amis.

Cependant, dans toutes les écoles maternelles, dans de nombreuses écoles primaires et même aux collèges, les élèves, avec l’aide des parents, organisent des bals masqués accompagnés parfois de concours.

Traditions et interdictions

Traditionnellement, dans les derniers jours de Carnaval, il est d’usage, surtout dans les villes et villages touristiques ainsi que dans les régions des montagnes, que les jeunes de groupes folkloriques habillés en costumes traditionnelles ou déguisés et portant un masque organisent des spectacles dans les rues avec des plaisanteries, des blagues dans le but d’apporter du bonheur et la joie.

Entre tradition et interdictions

Jadis, des interdictions en cette période de carnaval étaient établies dans les régions sous majorité de la religion protestante. C’est ainsi qu’une des plus vieilles interdictions qui date de 1585, stipulait dans les articles d’ordres des protestants de la ville de Muraň, dans la région de Gemer, qu’il était interdit d‘utiliser des masques, de se maquiller, de se déguiser avec de vieux manteaux de fourrure et de commettre des extravagances et loufoquerie avec des masques de carnaval.

La marche du carnaval dans les villages – Fašiangové obchôdzky

La marche du carnaval dans les villages est pratiquée aujourd’hui dans les régions du Nord de la Slovaquie sous l‘appellation de cortège carnavalesque Bursa – Fašiangova bursa. Il s’agit d‘un cortège joyeux de mascarade dansant et déambulant dans les rues, où les participants chantent des formules de souhaits de bonheur et collectent des aliments auprès des villageois dans un panier (œufs, saucisses, lard, beignets frits).

Le repas des jours du carnaval – Fašiangové jedlo

Comme nous l’avons dit plus haut, le temps du carnaval est le temps de l’abattage d’un porc et de la préparation de charcuteries. Des réunions festivent vont ensuite s’articuler autour de la dégustation de plats de viande de porc rôtie et fumée, de goulasch et de charcuterie – boudins, saucisses fumées, jambon fumé, lardons fumés, lard, fromage de tête de porc et tête de porc bouillie, chair à boudins, saindoux, langue fumée, rillettes, rillons de porc et les femmes prépareront les beignets frits traditionnels du carnaval.

On trouvera aussi de la pâtisserie frite, les beignets du carnaval šišky, fanky, pampúchy ou pampušiky, koblihy et des omelettes salées ou sucrées.

En accompagnement de ces différentes dégustations, le vin rouge chaud, l’alcool, la bière et les différents distillats traditionnels slovaques Medovina (Hydromel) et l’eau-de-vie chaude – Hriatô – sont toujours servis.

La journée se termine par l’enterrement de la contrebasse – Pochovávanie basy, une mise en scène des funérailles d’une contrebasse qui achève les festivités du mardi-gras.

Sources

Zborník Slovenského Národného Múzea
Slovenský Rok, Ratislava Stoličná-Mikolajová, Ed Vydavatel’stvo Matice Slovenskej
Lúdovej Kultury Slovenska, Mgr Kliment Ondrejka, Ed Mapa Slovakia

PS : Voir notre article suivant sur le cortège du village de Hrboltová de ce samedi 8 février 2020

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Saint Christophe est reparu

Alice Hura – Charles Bugan

Saint Christophe est reparu sur le chevet de l’église de Tous les Saints à Ludrová.

Cette fresque qui était presque effacée a été restaurée durant la deuxième moitié de l’année 2018 par Monsieur Juraj Maták et est maintenant visible, comme elle devait l’être à l’origine, de loin.

La fresque extérieure de saint Christophe

A l’extérieur de l’église, sur le mur Est, se trouvait un reste d’une fresque représentant saint Christophe. Elle aurait été réalisée au XIVe siècle (14. storočia). (1)

Pourquoi une fresque de saint Christophe se trouvait-elle sur la façade orientale extérieure de l’église ?

Tout d’abord, il faut se rappeler qu’à cette période du moyen âge, les saints sont considérés comme des intercesseurs, qu’ils sont aussi des patrons de métiers et que lors du baptême, l’enfant recevait souvent le prénom d’un saint qui devenait son patron, son modèle, son protecteur.

Saint Christophe protégeait le chrétien de la maladie, de l’infirmité et contre la mort subite, la ″male″ mort, celle qui frappe sans que l’on soit confessé et absout de ses péchés. (2) C’était la grande crainte de l’époque car cela signifiait l’enfer. (3) Pour s’en protéger, il suffisait alors de voir l’image de saint Christophe pour être assuré de ne pas mourir dans la journée, tout au moins sans s’être confessé. (4) Saint Christophe était aussi prié lors des épidémies de peste.

Une autre raison de vénérer saint Christophe se trouve en sa qualité de ″protecteur″ des voyageurs. Ludrová se trouve a proximité d’un carrefour important situé dans la région montagneuse de Liptov et la ville de Ružomberok. Il s’agit non moins de l’axe Nord – Sud qui mène au centre de la Slovaquie par le col de Donovaly vers les villes de Nitra, Bratislava, ensuite l’Autriche et le centre de l’Europe pour le nord et en direction de la Petite Pologne par le sud (c’est la route qui conduit à Cracovie et vers la Baltique) et l’axe Est – Ouest est le lien entre la Transylvanie et la partie qui va vers la Moravie, la Bohême, l’Allemagne.

C’est la raison pour laquelle l’image du saint était grande afin d’être vue de loin. (5)

Notes

1 Národné kúlturne pamiatky na Slovenska. Okres Ružomberok. Ed Slovart 2008

2 La Male mort signifie une mort brutale, suicide, crime, accident exécution, guerre, épidémie…

3 Au XIIIe siècle (13. storočia) il n’est pas encore question du lieu ″d’attente″ du Jugement dernier que sera le Purgatoire.

4 Selon la légende, le premier qui regarde cette fresque, a l’assurance de ne pas mourir … tout au moins ce jour-là ! Ceci expliquerait le nombre important de visiteurs matinaux !

5 Légende dorée de Jacques de Voragine : ″Ces derniers mots nous expliquent le motif pour lequel saint Christophe est représenté avec des proportions gigantesques principalement aux portails des églises. On se croyait à l’abri des maladies et des infirmités dès lors qu’on avait vu la statue du saint, de là ces vers:

Christophore sancte, virtutes saut tibi tantae,
Qui te mane vident, nocturno tempore rident.
Christophore sancte, speciem qui eumque tuetur,
Ista nempe die non morte mala morietur.
Christophorum videas, postea tutus eas.″

Sources

Kostol Všetkých svätých v Ludrovej-Kúte. Svedok stáročí. Mária Anderssonová, Branislav Močáry, Peter Svrček ml, Jozef Vandák. SOVA.

Symbolyka a ikonografia v stredovekej nástennej maľbe Liptova. Štefan Valášek, Jana Brokutová, Katarina Vandáková, Jozef Vandák. Inertial Technologies. 2013

Národné kúlturne pamiatky na Slovenska. Okres Ružomberok. Ed Slovart 2008

Majster z Okoličného a gotické umenie Spiša okolo roku 1500. Dušan Buran. Slovenská Národná Galéria. Bratislava. 2017 (catalogue de l’exposition).

Le culte des saints catholiques en Europe centrale et orientale. Jean-Pierre Irali. Ed. Romaines. 2011

Reconnaître les saints. Symboles et attributs. B. Des Graviers et T. Jacomet. Ed. Massin. 2006

La légende dorée. Jacques de Voragine. Ed GF Flammarion. 1967

Saints guérisseurs de Wallonie et Ardenne. Daniel-Charles Luytens. Ed. Noir dessin production. 2003

L’art religieux du XIIIe siècle en France : Étude sur les origines de l’iconographie du Moyen Age et sur ses sources d’inspiration. Émile Mâle. Rd. Ernest Leroux. Paris 1898

Slanický ostrov, l’île d’art

Alice Hura – Charles Bugan


Au nord de la Slovaquie, dans le magnifique paysage naturel de l’île de Slanica – île d’art au milieu du barrage d’Orava, se trouve l’exposition permanente de l’art populaire d’une sélection des collections de la Galerie d’Orava dans la ville de Dolný Kubín.

L’île de Slanica – Slanický ostrov est le seul vestige parmi les cinq villages (Hámre, Lavkovo, Osada, Ústie, Slanica) qui ont disparu à jamais sous l’eau du barrage en 1953. Cependant, cette île ne disparaît pas et elle se montre avec une église baroque et le Calvaire qui fut, autrefois, construits de 1766 à 1769 sur une hauteur (609 m d’altitude) qui forment la caractéristique dominante de l’ancien village de Slanica, lequel était le lieu natal du premier codificateur de la langue slovaque, le linguiste et prêtre catholique Anton Bernolák (1762 – 1813).
Il y a quelques années, l’idée d’y proposer une exposition permanente de la Galerie d’Orava fut émise. C’est ainsi qu’a été créé le musée durant la période de 1971 à 1973.

Ouvert tous les jours pendant la saison du 15 mai au 15 Septembre, par bateau en embarquement (quai n°2) à Slanická Osada près de Námestovo.

A l’intérieur de l’église baroque-classique, aujourd’hui désacralisée, on peut découvrir une exposition de sculptures et de peintures traditionnels folkloriques slovaques, et à l’extérieur, est créé un lapidaire du Calvaire où se trouvent exposées les créations des tailleurs de pierre d’Orava du 18e au 19e siècle. L’ancienne chapelle funéraire abrite une exposition destinée aux communes inondées et qui sont disparues sous les eaux du barrage d’Orava.

Les expositions ne sont accessibles qu’en saison, du 15 mai au 15 septembre et par bateau. Son originalité fait que l’île est classée parmi les sites culturels les plus visités de l’Orava.

L’originalité de l’exposition de l’île d’Art de Slanica

Cette exposition de l’art populaire traditionnel slovaque nous renseigne sur la création des peintres, des sculpteurs et des tailleurs de pierre qui n’avaient aucune formation professionnelle. Seulement par l’observation du mode de la vie de tous les jours, ils ont laissé pour la Slovaquie, les fruits de leurs talents naturels et de leurs capacités artistiques.

L’art populaire en Slovaquie a connu pour son plus grand essor dans les 18e et 19e siècles, et donc la plupart des œuvres exposées proviennent de cette période. Les sculptures et les peintures avaient presque exclusivement une thématique sacrée. Le point de vue des auteurs était guidé par les idéaux moraux et esthétiques du christianisme et les grandes fêtes du calendrier liturgique.

Ces travaux ont suivi le schéma iconographique du gothique, de la Renaissance et de l’art baroque, que les artistes traditionnels populaires ont souvent adaptés par l’observation des Maîtres et la réalité de leurs propres vies.

Les sculptures en bois polychromé, les peintures sur verre et les sculptures de pierre (ces dernières sont exposées à l’extérieur), font apparaître à côté de la figure du Christ, des représentations de la Sainte Trinité et de la Vierge Marie (Vierge Marie des Sept-Douleurs, Vierge à l’Enfant, Madone de Latran, Piéta). On voit aussi des saints vénérés dans la région comme saint Jean-Népomucène, saint Florian, saint Vendelin, sainte Rosalie, sainte Catherine, saint Michel Archange, saint Georges, saint André, saint Martin, sainte Anne, sainte Barbara, sainte Véronique, sainte Marguerite et aussi la composition de la Crèche du Bethléem et l’Adoration des Berges, le Calvaire et la Crucifixion, et saint Jean Baptiste.

Leur culte avait pour objectif la protection de leur santé, la protection de leur maison contre les catastrophes naturelles, les incendies et devait assurer une récolte abondante et la fertilité.
Un large éventail de sujets de l’exposition se rapporte à la Vierge Marie qui jouissait d’une grande popularité. Marie, en tant que gardienne d’amour et d’intercession pour les croyants est devenue l’objet de réalisations artistiques sous de nombreuses formes, mais surtout dans un rôle, joyeux, de la mère : la Madone et l’enfant, ou sa contrepartie douloureuse : la Piéta, la Mère, tenant dans ses bras son fils mort.

La toujours vivante tradition de la dévotion mariale acquise dans un environnement folklorique à dimension humaine montre que les œuvres d’art individuelles ont livré une extraordinaire puissance expressive et une profonde conviction. Les pièces façonnées, malgré les imperfections, se distinguent par leur beauté intérieure, issue de la sincérité des convictions religieuses de leurs créateurs.

Sitologie


http://www.muzeum.sk/?obj=galeria&ix=soun

http://www.oravskagaleria.sk/slanicky_ostrov_umenia.html

www.lodslanica.sk

PS : Vérifier les dates et heures d’ouverture svp

Les actions de Vah-Europe

Charles Bugan

Depuis sa création en 2007, nous avons participé à plusieurs activités comme des expositions, des participations à des événements et des conférences afin de présenter la Slovaquie.
Voici, rappelés brièvement, ces différentes participations.

1 Les événements

La Fête du pain organisée dans le grand Charleroi, à l’initiative du conseiller communal Marc Parmentier a été un grand événement et proposée pour la première fois par l’association carolo.be en 2002 ne pouvait être meilleure vitrine afin de faire connaître les productions slovaques comme les pains mais aussi les aliments qui accompagnent le pain au quotidien et aux moments des fêtes, les fromages, les saucissons, les gâteaux…

Ce fut aussi grâce aux invités slovaques qui n’ont pas hésité à accomplir un trajet de plus de 1200 km pour participer à cette agréable fête annuelle et promotionner pour l’un, la région de Liptov et la ville de Ružomberok et pour l’autre, la région de Bratislava et la ville de Pezinok, via les produits de bouche et le tourisme.

Octobre 2003, première participation de Vah Europe à la Fête du pain de Charleroi. Le lieu, la Maison communale de Ransart se prête merveilleusement à cette animation. Pour cette première, la ville de Ružomberok a délégué trois personnes : Madame Jarmila Scheerova et Messieurs Peter Svrtček et Pavel Scheer. Ces trois personnes vont mettre en valeur la région de Liptov et ses différents produits. Saucissons, fromages et bien entendu pain du pays étaient à l’honneur et de nombreux visiteurs ont dégusté quelques produits typiques de Slovaquie.

En 2004, 2005 Vah Europe ne peut accueillir de représentants mais est néanmoins présent et propose à la dégustation les différents produits de Slovaquie et une exposition de photos.

En 2006, nous accueillons une exposition de photos du Fotoklub de Ružomberok et nous proposons, bien entendu, divers spécialités.

En 2007, la Fête du pain se déroule le dimanche 30 septembre à la Maison pour associations à Marchienne-au-Pont. A cette occasion, Vah Europe accueille Monsieur Ing. Vojtech Gottschall, Président de l‘Association des Boulangers-Pâtissiers de la Région Ouest de Slovaquie et patron de la firme Bageta à Pezinok (près de Bratislava) accompagné de deux collègues Marián Košík et Jindřich Jackuliak qui, tout au long de la journée, vont préparer, cuire et faire déguster leurs délicieux produits, comme les petits croissants fourrés à la pâte de noix ou de pavot. Ce sera un véritable succès.

Une exposition de photos de Slovaquie du photographe Jan Tarabek agrémente le parcours de cette Fête du pain.

Voir l‘article en slovaque sur : http://pezincan.pezinok.sk/index.php?yggid=article&cat=2007-10&article=6532

2 Les expositions

2006. Exposition de peintures d’Alice Hura

En septembre 2006, Le PAC – Présence et Actions Culturelles – de Ransart organise une exposition dans la maison communale annexe de Ransart. Le thème est : L’iris de l’artiste se dévoile. A cette occasion, Alice Hura expose ses pastels et aquarelles.

2007. Exposition du Fotoklub Liptov au festival ARTERRE de Bouffioulx

Invité par le Cercle Royal Photographique de Charleroi a exposer quelques photos lors de ce festival, le Fotoklub Liptov a répondu présent et à proposé des réalisations de ses membres aux regards des visiteurs intéressés.

Cette exposition a été réalisée à l’occasion de la 38ème Fête de la Poterie à Bouffioulx, le week-end du 30 juin 2007, en la Maison de la Poterie et un nombreux public s‘est rendu sur place afin de découvrir les différentes expositions et notamment les photos des membres du CRPC ainsi que celles des photographes slovaques de Ružomberok.

Cette exposition a été possible grâce aux liens d‘amitiés qui lient les deux clubs et l‘association Vah Europe qui leur sert d‘intermédiaire.

www.arterre.be/index.php?option=com_content&task=view&id=51&Itemid=60

2007. Exposition de photos du Club Royal Photo de Charleroi à Ružomberok

Du 15 novembre au 15 décembre, 2007 l’association Vah Europe a présenté les photos du CRPC, le Club Royal Photo de Charleroi à la Maison de la Culture de Ružomberok.

Après avoir été les invités du CRPC en juin 2007 lors d‘une exposition à la Fête de la poterie à Bouffioulx, le Fotoklub de Liptov a exposé des œuvres des photographes carolos. L‘exposition était visible dans la galerie de cinéma de la Maison de la culture Andrei Hlinka de Ružomberok.

Plus de photos ? visitez le site du Fotoklub de Liptov: http://www.fotoklub.sk/

Cliquez sur : kronika Fotoklubu  kronika 2007  Výstava kolekcie Kráľovského fotoklubu z belgického Charleroi v galérii kina Kultúra v Ružomberku 15.11.2007

2008. Exposition de photos de Jan Tarabek

Durant le mois d’avril, dans l‘Espace Expo du Gazo à Gilly (Charleroi), Jan Tarabek présente une série de photos de la Slovaquie qu’il aime.

2008. Lubomir Schmida et Karol Klvaček exposent au Salon photo de Charleroi

Le 14 juin 2008, lors du salon photo de Charleroi organisé à la Maison pour associations à Marchienne-au-Pont, Lubomir Schmida et Karol Klvaček, outre leur exposition de photos, ont remis les prix Fotostrom aux photographes belges lauréats.

2009. Exposition des œuvres de Lesana et de Maria Bystrianska au Gazo

En avril 2009, les artistes Lesana (Veronika Rencková) et Maria Bystrianska ont exposés leurs œuvres dans l’Espace Expo du Centre de jeunes Le Gazo de Gilly (Charleroi).

2009. Exposition de photos à Ransart

Dans le cadre de l’exposition organisée par le Foyer Emmanuel de Ransart dans le cadre du cinq centième anniversaire de la naissance de Jean Calvin, Vah Europe expose quelques photos de temples protestants en bois de Slovaquie.

2010. Exposition de photos au Centre culturel de Ganshoren (Bruxelles)

Le vendredi 26 novembre, se déroulait au centre culturel de Ganshoren le vernissage de « Vue sur un pays : la Slovaquie ». Monsieur Popjak, consul de la Slovaquie, nous à fait le grand plaisir de participer au vernissage.

Les photographes slovaques Lubomir Schmida et Yvan Kenez, présents lors du vernissage, et Igor Čombor qui pour des raisons professionnelles, n’a pu se déplacer, y exposaient leurs œuvres. Les thèmes qu’ils proposaient s’étaient : ʺLa Slovaquie, un pays merveilleuxʺ, ʺLes éléments de la terreʺ et ʺLa région de Liptovʺ.
A cette occasion, l’artiste Alice Hura à fait découvrir quelques pastels.

2013. Exposition de photos ″Les églises en bois de Slovaquie″

En octobre 2013, Vah Europe, en association avec l’ASBL Luz verde prodis, propose, dans les Caves du château de Monceau, une exposition de photos de Charles Bugan qui met en valeur les églises en bois des quatre rites de Slovaquie.

3 Les conférences

2008. Conférence ″ Levoča et Majster Pavol. Une ville, un artiste, une œuvre extraordinaire″
Le 16 octobre, présentation de la conférence au Club service Probus de Charleroi Métropole.

2010. Conférence ″ Les traditions de Noël en Slovaquie″

Le 10 décembre 2010, nous présentons, en partenariat avec l’ASBL Moncell’Art et le soutien de l’échevin Serge Beghin, une conférence au château de Monceau sur les traditions de Noël en Slovaquie.
Après les nombreuses questions qui suivirent, les membres de Moncell’Art et de Vah Europe proposèrent une dégustation de produits slovaques. Les personnes présentent purent ainsi déguster le fromage Oštiepok, la Médovina et quelques pâtisseries dont la Vianočka

Le 6 décembre, présentation de la conférence ″Les traditions e Noël″ au Kiwanis club Charleroi Marie de Condé.

16 décembre, présentation de la conférence ″Les traditions de Noël″ au Centre culturel de Ganshoren.

La veille du Nouvel an en Slovaquie

Alice Hura – Charles Bugan

Le jour de la Saint-Sylvestre jour du réveillon de l’an nouveau, est appelé Journée de Sylvestre dans la culture populaire slovaque.
Les coutumes traditionnelles pratiquées le jour de la Saint Sylvestre en Slovaquie ressemblent en majorité avec les coutumes de la Veille de Noël cependant, elles n’atteignent pas la même intensité ni la même ritualisation.

Les prophéties agraires et les superstitions

Dans la croyance populaire slovaque les prophéties agricoles étaient pratiquées le dernier jour de l’année, à la Saint-Sylvestre, pour assurer la bonne prospérité économique dans la ferme, la fertilité des champs et la fécondité du bétail. Par exemple un rite concernant l’étable bien peuplée de vaches et de brebis, était pratiqué dans le village de Ždiar dans les Tatras. Là, la maitresse de maison ficelait en faisceau des cuillères en bois afin d’assurer la subsistance du troupeau de bétail domestique.

Comme pendant les fêtes de Noël, on respectait de nombreuses superstitions fixées à ce jour : rien n’était prêté de la maison, et le non-respect de cette interdiction allait signifier une diminution des volailles.
De même que la visite d’une femme, tôt le matin, était mal perçue donc, si c’était possible les femmes restaient le matin de ce jour à la maison. Pour rompre cette malédiction il était pratiqué tôt le matin un cortège des vœux de polazníci composé de jeunes hommes qui circulaient de porte en porte aux maisons du village en souhaitant tout le bonheur. Leurs vœux protégeaient la maison.

D’autres coutumes :

Le maître de la maison essayait depuis le matin de casser la coquille d’une noix avec son majeur. S’il réussissait, cela devait apporter la paix et l’amour à la famille.

La maîtresse de maison, frottait avec de l’ail les portes de la maison et de l’étable pour empêcher l’entrée des puissances néfastes. Quant au maître de maison, il frottait la robe des chevaux avec la plus belle pomme pour qu’ils deviennent plus beaux.

Parfois, jadis, après le repas du réveillon, des noisettes et un morceau de pomme étaient jetés dans le puits pour assurer une eau de bonne qualité et la bonne santé.

Les vœux

Dans la région ethnographique de Zamagurie (nord de la région de Spiš) le cortège des garçons circulaient tôt le matin dans le village et ils offraient des bâtons de noisetier à chaque maison visitée.

Dans les régions de Liptov, de Spiš, de Horehronie et d’Orava, autrefois, la jeunesse attendait l’arrivée du Nouvel An dans une maison du village où se rassemblaient les fileuses pour travailler ensemble ou dans l’auberge du village.

Dans la région de Hont, les jeunes hommes chantaient les chants traditionnels sous les fenêtres des maisons du village.
Dans les environs de la ville de Rožňava, les garçons allaient chanter à minuit sur la tour de l’église.
Dans la région ethnographique de Kysuce, le cortège des polazníci circulaient de maison en maison dans le village.
Dans la région de la Haute Nitra, les filles jetaient sur les portes de maisons où habitaient les garçons des marmites en argile remplies de pommes et de noix. Ces marmites les filles les appelaient « nouvelles années ».

Les jeux déguisés et masqués Babinovanie et Kurinovanie

Babinovanie est un spectacle joué par un groupe déguisé et/ou masqué à la Saint-Silvestre dans les environs de la ville de Považská Bystrica (région de la vallée du Váh). Ce spectacle est enrichi par des éléments constitutifs d’un métier traditionnel de la région, pratiqué par un artisan le drotár qui pratique un artisanat particulier avec du fil de fer.

Dans la microrégion d’Uhrovská dolina (dans quelques localités autour du château-fort d’Uhrovec, dans le district de Bánovce nad Bebravou), on appelait le dernier jour de l’année « babí deň – jour de baba » et il y avait un cortège des vœux appelé babinovanie qui était une quête collective et la proclamation de souhaits de bonne année par les garçons du village. A la tête du cortège des dix ou vingt garçons, un accordéoniste avec un bailli des garçons, un autre portait un sac pour collecter les récompenses et selon la tradition, ils circulaient dans les rues du village et s’arrêtaient devant les maisons où ils chantaient d’abord un chant religieux. Après avoir été invité par le maître de maison ils entraient et continuaient en récitant des vers de souhaits de bonheur, de bonne santé, de fortune pour la nouvelle année. Ils obtenaient une récompense sous la forme de noix, de graines de blé, de pommes, de petits pois, de haricots secs, de prunes sèches et un peu d’argent.

Le « Kurinovanie » un rituel agraire ancestral

Le rituel de Kurinovanie est effectué par la tournée des kurine baby ou kuriny-babiny – appellation suivant la localité – qui constituent un groupe de garçons costumés et masqués en femmes et mené par un couple vêtu en paille, appelés kurine baby et accompagné parfois d’une vingtaine de participants qui sortent à la Saint-Sylvestre, et passaient de maison en maison dans le village. Leurs vœux étaient des gages de prospérité et étaient censés rendre féconde la volaille pour la prochaine année qui va commencer. Aujourd’hui, ces cortèges composés uniquement d’hommes sont considérés comme un simple aspect de la joie populaire, mais leur fondement le fait remonter à des croyances ancestrales.

Dans le milieu rural de la Slovaquie orientale, la tradition de kurinovanie était effectuée par le cortège des garçons déguisés en femmes Kurine baby. Ils prononçaient leurs vœux en quêtant et formulaient les souhaits selon la tradition. Le cortège était mené par deux garçons vêtus de costume féminin, l’un avait sur la tête un chapeau formant une couronne tressée de paille avec une sonnette, l’autre vêtu d’un manteau en fourrure ceinturé d’une corde de paille tressée et d’une jupe grossièrement façonnée en paille de blé. Quand le cortège de Kurine baby sortait dans les rues du village, il était déjà attendu par les maitresses de maisons car selon la coutume, chacune des maitresses de maisons attrapait une poignée de paille du déguisement porté par les Kurine baby du cortège, et tout de suite elles donnaient la paille à la couvée de poules, pour assurer que les poules pondent bien leurs œufs.

En Slovaquie septentrionale, la coutume d’un cortège similaire était enregistrée au début du 20e siècle, dans le village de Štiavnik près de Bytča (région de Žilina). Là, la coutume du cortège de garçons déguisés en femmes vêtus en paille était appelé Kuriny-bariny. Ils portaient des vêtements de paille de blé et allaient de maison en maison où ils exprimaient ensuite leurs vœux de fertilité et de fécondité pour l’année qui commence en récitant une formule drôle avec des jeux de mots populaires archaïques comme par exemple cette bienvenue à la nouvelle année : « Kuriny, bariny, babiny kury, dedove fúzy, baba mala fúzy, dedo mrňúsy. Odíde nám starý rok, a príde nám nový, vitajte ho, vitajte » formule intraduisible car utilisant de vieux mots de dialecte (1).

Dans la ville de Bytča, à la Saint-Silvestre, dernier jour de l’année, se perpétue la tradition des Kuriny-bariny. La jeunesse se rassemble le 31 décembre pour aller en mascarade, avec à la tête du cortège un couple déguisé composé d’un garçon déguisé en femme avec son visage caché sous une dentelle et tenant une poupée emmaillotée. Il est accompagné d’une fille déguisée en homme. Ce couple est entouré de personnages déguisés porteurs d’instruments de musique ou des imitations d’instruments de musique.

L’appellation dialectale « kurina baba » est dérivé des mots kura et baba au singulier : la poule – kura, la vieille – baba, et au pluriel les kurine-baby ou kuriny-babiny ce qui signifie les poules et les vieilles », représente une variante d’un calembour de mots populaires et est un élément souvent personnifié.

Le caractère magique du cortège déguisé apparait dans le but d’assurer non seulement que les poules pondent bien des œufs ou que la volaille se porte bien – la fécondité de la volaille – mais aussi de toute la prospérité agricole. Cette sorte de mascarade se déroule aussi avec d’autres masques anthropomorphes par exemple Dedo – le Papy, Baba – la Vieille ou Starý – le Vieux, appartenant à la représentation des masques plus anciens et des masques anthropomorphes authentiques des coutumes populaires slovaques. Ils trouvent leur origine dans l’ancien culte slave des ancêtres qui n’est pas le culte des morts, c’est le culte de la continuité de la vie et pour cela, ces masques réapparaîtront dans le rite des noces dans les traditions slovaques.

Le réveillon du jour de l’An

Le repas pour le dîner de la soirée de la Saint-Silvestre était presque le même que celui de la veille de Noël mais sans restrictions religieuses sur la viande qui étaient donc servie. La soupe traditionnelle de choucroute kapustnica avec saucisses ou viande de porc fumée et champignons des bois, était servie d’abord, puis suivait le repas de pâtes traditionnelles avec le pavot. Ces mets s’appellent les opekance en Slovaquie centrale et septentrionale, les bobalky en dialectes de la Slovaquie orientale et les pupáky en Slovaquie occidentale. Ce repas est accompagné de Medovina, une délicieuse boisson à base de miel, ressemblant à l’hydromel.

De nos jours, la tradition culinaire du repas du Réveillons du jour de l’An, est enrichie d’un menu type buffet froid où ne manquent pas la salade de pommes de terre classique, les cornets de jambon farcis de mousse au raifort, les sandwiches et canapés, les pâtisseries (cakes au chocolat, tartelettes, biscuits, petits gâteaux de pain d’épice, etc.), la petite pâtisserie salée et les boissons de toute sorte.

Autrefois, l’atmosphère de la soirée du dernier jour de l’année était illustrée par le bruit des claquements de fouets de bergers et par le tir d’accompagnement de coup de fusils par les garçons.

Dans les villages de la région de Hont, ce-soir-là, les hommes enflammaient des torches improvisées faites de fourches en fer et de chiffons et circulaient dans le village en entonnant des chants pour l’arrivée du Nouvel An.

En milieu urbain, la tradition du Bal de la Saint Silvestre se perpétue de même que le feu d’artifice annonçant l’arrivée de la Nouvel Année.

Texte extrait de notre conférence : Les traditions de Noël en Slovaquie

Note

1 Voici quand même un essai de traduction : « Kuriny ?, bariny ?, babiny kury ?, la moustache du vieux, la vieille à la moustache, dedo mrňúsy. La vieille année s’en va et arrive la nouvelle année, bienvenue, bienvenue ». Peut-être faut-il chercher dans d’autres traditions, nous pensons au carnaval. L’utilisation et l’origine de ces mots demeurent obscures.

Sitologie

https://www.drotaria.sk : pour l’artisanat de drotár (objet en fil de fer)

Sources

Vianoce na Slovensku…od Ondreja do Troch kráľov. Par Zuzana Drugová, 2008. Slovak edition – OTTOVO NAKLADATELSTVI, 2009

Ľudová kultúra. Par Zuzana Beňušková. Kultúrne Krásy Slovenska. Dajama

Malý lexikón ľudovej kultúry Slovenska. Kliment Ondrejka. Mapa Slovakia Bratislava 2003

Slovenský rok. Receptár na dni sviatočné všedné i pôstne. Ratislava Stoličná-Mikolajová. Vydavateľvo Matice Slovenskej. 2004

U nás taka obyčaj. Slovenské ľudové tradicie. Vojtech Majling. Computer Press, Brno. 2007

Z ľudovej kultúry Turca. Eva Pančuhová, Zora Mintalová a kolektiv. Matica slovenská. 2004

kukaj.sk

par Charles Bugan

Pour tous ceux qui aiment regarder ce qui se passe dans la nature, ce projet offre un aperçu de la nature en proposant des retransmissions en direct et des reportages sur la vie des animaux dans la Veľká Fatra en Slovaquie.

Kukaj.sk est un mouvement citoyen composé de bénévoles qui contribue au développement et à la protection de l’environnement et qui propose de regarder les animaux dans leur habitat naturel, parfois en direct, via des webcams installées dans des endroits stratégiques, caméras qui captent aussi le son ce qui permet d’entendre le chant des oiseaux et les bruits de la forêt, nuit et jour.

″Nous croyons que ce projet permettra aussi de faire de nombreuses expériences qui vont révéler le comportement des animaux et, finalement, contribuer aussi à une perception positive des grands carnivores dans la Veľká Fatra et dans les Tatras″ , assure un membre de l’équipe.

Les caméras HD sont installées de telle sorte que les animaux protégés sont filmés sans être perturbés. Un microphone et une caméra avec vision nocturne ont été ajoutés à un appareil de transmission ayant un poids d’environ 250 kg. La conception unique est permise grâce à des sponsors et au fournisseur de trafic Web slovaque, la société PROFI – NET.
Le personnel professionnel de l’administration de TANAP (1) a donné des conseils et renseigné les endroits les plus appropriés pour le placement des caméras.

Le ministre slovaque Peter Ziga a décerné en juin 2014 le Prix du Ministre de l’Environnement (un prix non financier) sur la base des recommandations du comité d’évaluation, à l‘équipe de gestion du parc national Tatra KUKAJ.SK nominé pour la coopération à long terme et à la prestation de webcasts en ligne d’animaux protégés.

Grâce à ce site, vous découvrirez quelques vues de la vie, dans la Veľká Fatra – Grande Fatra et dans la région de Liptov, de l’aigle royal Arnold, de sa compagne Anička, mais aussi des capsules sur les cigognes, ours, kamziks (chamois), marmottes, de petites chouettes qu’une fouine aimerait mettre à son menu et bien d’autres animaux des airs comme de l’eau.

http://www.Kukaj.sk

Note

1 Tatranský národný park – parc national des Tatras.

Vous souhaitez des infos, écrivez-nous : www.vaheurope@gmail.com

PS : Pour voir les chouettes et leur nuit angoissante par la faute de la fouine cliquez sur kuna pri plamienkach du premier lien. Pour l’aigle royal Arnold et Anička, voyez le deuxième lien.

http://www.kukaj.sk/archiv/153-plamienka-driemava-2018

http://www.kukaj.sk/clanok/771-arnold-a-anicka

Le village de Slatvina et son église gothique

Alice Hura – Charles Bugan

Le village de Slatvina

Un peu plus loin que le château-fort de Spiš, vers l’est dans la vallée de la rivière Hornád, au pied de la montagne de Branisko et sous la colline de Sľubica (1129 m), se trouve l’humble village de Slatvina que nous découvrons un peu par hasard.

C’est vers 1246 qu’est connue la première mention écrit du village sous le nom de Zek ou Szék. L’appellation actuel du village de Slatvina (à l’ancienne époque en hongrois Szlatvin) est d’origine slave et signifie un lieu de marécage, un marais près d’une source minérale.

Au lointain des années ce village dépendait des seigneurs de la famille noble des Zek jusqu’à leur extinction en 1525, puis ce village est devenu une partie du domaine du château-fort de Spiš, alors sous les Zápolya, puis des Thurzo, peu de temps sous d’André Báthory et enfin des Csáky dès 1638 jusqu’à l’abolition du servage en 1848.

Le développement du domaine agraire de Slatvina dès sa fondation du XIIe au XIIIe siècle (12. stor – 13. stor) jusqu’à l’abolition du servage n’était pas marqué, mais une augmentation de la population locale du XIXe au XXe siècle (19. stor – 20. stor) va provoquer une migration des villageois vers les USA et le Canada.

Le caractère exceptionnel de l’eau minérale de Slatvina est un ensemble d’éléments minéraux, surtout de lithium.

Le développement du village au XIXe siècle (19. stor)

La nouvelle époque du développement du village commence au milieu du XIXe siècle (19. stor), quand le comte Csáky va ériger au-dessus de la source minérale un pavillon de la petite station thermale et commencer à exploiter les vertus curatives d’eau minérale de Slatvina.
C’est l’entrepreneur Gédéon Majunke de Spišské Vlachy, qui peut être considéré comme le développeur de la petite station thermale de Slatvina, et le distributeur des bouteilles remplies de l’eau de source minérale. Les bouteilles d’eau minérale de la source Anna de Slatvina ont été distribuées sous la marque Szlatvini dans toute la monarchie habsbourgeoise lors du XIXe siècle (19. stor).
La source de l’eau minérale de Slatvina destinée à la cure, était fournie en boisson à la buvette et était/est recommandée contre les maladies gastriques et des voies respiratoires, mais surtout contre les maladies des reins et aussi pour l’hydrothérapie au bain chaud (par chauffage d’eau minérale).

La source minérale ″Anna″ et les Bains thermaux disparus de Slatvina

Dans le village de Slatvina on y trouve la source minérale Anna, dès le XIXe siècle (19. stor) nommée en l’honneur de la comtesse Anna Csáky, l’épouse du propriétaire terrien à cette époque.
Depuis longtemps, les villageois appelaient cette source d’eau minérale ″kvašna voda″ en patois local slovaque que l’on peut traduire par ″eau pétillante″. Ils utilisaient l’eau minérale à boire pour se rafraîchir et pour la préparation d’un ferment pour la cuisson des gâteaux traditionnels au levain.

L’utilisation d’eau minérale de Slatvina dans un but thérapeutique commence à la fin du XIXe siècle (19. stor), quand Gédéon Majunke fait bâtir une première maison en pierres pour les curistes. La maison des bains était entourée d’un petit parc mais il est détruit pendant la Seconde guerre. Pour l’amusement des curistes, on y trouvait une salle de danse et une salle de jeu de quilles. Pendant la République tchécoslovaque, la petite station thermale de Slatvina, accueillait une centaine de curistes par an. Elle fut laissée à l’abandon pendant les années 30 du XXe siècle (20. stor), éliminée par la forte concurrence des stations thermales tchèques (c’est l’État tchécoslovaque, qui dirigeait la conception politique du développement du thermalisme surtout dans le pays tchèque).
En 1953, la ligne d’embouteillage d’eau minérale naturelle de Slatvina et leur répartition sur le réseau de vente est terminée.

Caractéristiques de la source d’eau minérale Anna

Elle se distingue par une teneur déterminée en un élément en lithium.
La source de l’eau minérale de Slatvina au débit de 4,5 litres par minute est froide à la température de 9,0°C et d’une acidité pH 6,1. Elle est légèrement minéralisée avec un contenu de hydrogénocarbonate-chloruré (HCO3, Cl), calcique-sodique-magnésienne (Ca, Na, Mg), naturellement carbonique, riche en sels minéraux, exceptionnellement en lithium (Li) entre 3,28 mg/l et 6,5 mg/l. Le composition minérale contenu est entre 3206,96 mg et 3466,55 par litre, plus haut niveau élevé de cabrons de l’hydrogène (HCO-3) 1586,0 mg/l, de calcium (Ca+2) 261,32 mg/l, de magnésium (Mg+2) 14,10 mg/l, de fer (Fe) 11,61 mg/l, de teneur en sodium (Na+) 424,0 mg/l, en potassium (K) 42,6 mg/l, en SO4 est 102,87 mg/l, SO2 est 19,71 mg/l. Index selon des analyses publiées de 1968 et 1978.

L’église Nanebevzatia Panny Márie – de l’Assomption Vierge Marie de Slatvina

L’église Nanebevzatia Panny Márie – de l’Assomption de la Vierge Marie de Slatvina est située sur la Route gothique de Spiš laquelle continue à l’est vers la région de Šariš et au sud vers la région de Gemer. La Route gothique est un circuit d’excursion de l’architecture rurale des églises gothiques en Slovaquie, répandues dans les régions en raison du grand nombre de petits gisements de minerai de fer et de cuivre ainsi que quelques mines d’or et d’argent. Ces mines furent fortement exploitées durant l’époque médiévale.

L’église de Slatvina bâtie à la seconde moitie du XIIIe siècle (13. stor) sur une petite colline au-dessus du village est dédiée à l’Assomption de la Vierge Marie, dominant ainsi le village. Elle fut construite à l’origine en style gothique primitif, avec un chevet plat. Le cimetière, très proche, se trouve sur le côté nord. La crypte de l’église comprend les tombeaux des seigneurs locaux, les Petróczy de Vojkovce (en hongrois Vojkócz), inhumés au XVIIIe siècle (18. stor).

Sous les Thurzo, de 1531 à 1636, l’église de Slatvina est passée dans le giron du rite évangélique. Après 1636 (1666 pour d’autres documents), elle sera restituée au culte catholique romain. N’oublions pas que l’Édit de Restitution fut promulgué le 25 mars 1629 par Ferdinand II de Habsbourg, en pleine guerre de Trente ans.

A l’extérieur, sur le côté sud, on peut voir le portail gothique qui formait l’entrée dans la nef avant que la tour-clocher soit bâtie sur le côté ouest. Cette tour clocher daterait du XVIIe siècle (17. stor) au plus tôt.

A l’origine, le toit était en bardeaux de bois. De nos jours, le toit est en plaques métalliques.

La tour n’étant pas encore élevée, un clocher séparé du bâtiment se trouvait à coté de l’église.

La paroisse du 18e siècle remplaçant une ancienne détruite après un incendie en 1782. L’église à l’origine, a servi comme église paroissiale pour les villages environnants.

La Madone de Slatvina vers 1360

Du mobilier de l’église de Slatvina de l’ancienne époque a été conservée une plastique en bois de tilleul de la Madone de Slatvina, chef-œuvre dit du Maître de Slatvina, son atelier a travaillé dans la région de Spis entre les années 60 et 70 du XIVe siècle (14. stor). Selon des historiens allemands d’art, cette madone est artistiquement semblable avec la statue de la Vierge Marie du Mont Marial à Levoča.
Les autres plastiques en bois de Slatvina, une statue de saint Jean-Baptiste (1500-1510), une statue de saint Nicolas (1480-1490) et une autre Madone (sculptée vers 1480), ont été déplacées avant 1918 dans le Musée des beaux-arts et dans la Galerie nationale de Budapest en Hongrie.

Le chœur et les peintures murales

On y trouve des fonts baptismaux en pierre du XIVe siècle (14. stor).

Les peintures murales du 14e siècle ont été retrouvées lors d’un sondage effectué par le Maître de conférences Vladimir Plekanec, restaurateur d’art, en 2013. De 2013 jusqu’à 2016, les peintures murales de l’église ont été restaurées.

C’est ainsi que le chœur et le mur nord de la nef ont révélé des peintures murales très bien conservées, proches des peintures du premier tiers du XVe siècle (15. stor) à Žehra et à Bijacovce. Leur auteur était apparemment l’élève du Maître du presbytère d’Ochtina, comme en témoigne l’exécution de plusieurs scènes, comme par exemple, la Mise au tombeau.

Le niveau inférieur du chœur est constitué de peintures semblables à un drapé représentant des tentures sur les trois côtés qui en constituent le pourtour.

Quant aux fresques proprement dites, elles se trouvent sur trois registres au-dessus de ce décor et sont essentiellement consacrées au cycle christologique de la Passion.

Le registre inférieur

Il est composé de représentations d’apôtres sur tout le pourtour du chœur.

Sur le mur nord, on retrouve quatre apôtres, deux de part et d’autre de la porte gothique de la sacristie. Puis, après le quatrième apôtre, un pastoforium, avec sa grille en fer d’origine, est surmonté d’un Christ. Ce n’est pas un Christ de douleur ou de pitié. Ici, Il nous montre de sa main gauche sa plaie au côté d’où s’écoule son sang vers un calice, symbole de la communion lors de la Cène (Matthieu 26, 27-28).

Sur le chevet, un plus grand ″panneau″ montre sainte Élisabeth de Hongrie offrant un pain à deux personnages. Cependant, ce ne sont pas des ″pauvres″ comme on devrait le voir habituellement suivant l’iconographie attribuée à cette sainte. Ce sont probablement le donateur et son fils. Viennent ensuite trois apôtres.

Sur le mur sud, on peut voir quatre apôtres, un cinquième a probablement été supprimé lors de l’agrandissement de la fenêtre.

Le registre du milieu

Sur le mur nord, le registre est découpé en quatre scènes. La Cène, l’Arrestation de Jésus, la pose de la couronne d’épines et le Portement de croix.

Sur le chevet, à gauche de la fenêtre axiale, la Mise en croix et à droite, la Crucifixion.

Sur le mur sud, la Descente de croix, la Mise au tombeau, la Résurrection et la Descente de Jésus aux Enfers.

Le registre supérieur

Sur le mur nord, une seule représentation : l’Entrée de Jésus dans Jérusalem.

Sur le chevet, Jésus au Mont des oliviers priant à droite alors qu’à gauche se trouvent les apôtres qui dorment. Au-dessus de la fenêtre axiale, on Dieu le Père et un calice. C’est vers eux qu’est dirigé Jésus en prière.

Sur le mur sud, Jésus devant Pilate et la Flagellation. Entre ces deux représentations, au-dessus de l’ancienne fenêtre gothique transformée, un Mandylion.

Le plafond du chœur

En croisée d’ogives, chaque voûtain est décoré par des peintures dans un médaillon.

Au nord, la Vierge Orante, sur cette représentation, on ne voit seulement la partie supérieure. Jésus, bénissant est sur sa poitrine. Un détail, le Christ est barbu, il n’est plus un enfant comme on peut le voir habituellement et notamment sur l’icône du XIIIe siècle (13. stor) de Yaroslav et sur l’icône du XIIe siècle (12. stor) qui se trouve dans la cathédrale Sainte-Sophie de Novgorod en Russie. Dans les deux médaillons plus petits, un évangéliste, Luc, sous la forme symbolique du taureau et un ange qui semble indiquer du doigt le sein d’Abraham.

A l’est, les peintures sont effacées. On devait probablement y trouver un Christ ou autre hypothèse peut plausible, une scène du Jugement dernier. Les deux autres éléments du tétramorphe de la vision d’Ézéchiel, l’aigle – Jean et l’homme – Matthieu devaient s’insérer dans les médaillons.

Au sud, une représentation assez rare : Dieu et son fils sur la poitrine. Dans les deux médaillons plus petits, un évangéliste, Marc, sous la forme symbolique du lion, à gauche et d’un ange, à droite, qui semble aussi pointer du doigt vers le sein d’Abraham.

A l’ouest, face au membre du clergé qui officie, le sein d’Abraham est mis en évidence. Deux médaillons de part et d’autres avec un ange complète ce voûtain.

L’arc triomphal

L’arc triomphal côté nef n’est pas peint. Peut-être sous la couche blanche, mais cela ne semble pas avoir été mis en évidence lors de la redécouverte des fresques ! Du côté chœur, ce sont des motifs ornementaux. Le contour de l’arc triomphal est marqué par des dents d’engrenage ou plisses en accordéon.

L’intrados comporte six prophètes dans des médaillons reliés entre eux par un contour en forme de huit, formant ainsi un lien de continuité entre eux.

Sur les piédroits de l’intrados, deux saints dynastiques, Štefan-Étienne et Ladislav-Ladislas, tout deux furent roi de Hongrie. Chaque piédroit à une croix de consécration.

La nef

La chaire baroque située côté nord, date du XVIIIe siècle (18. stor).

A l’origine, la nef était surmontée par un plafond plat en bois. Mais une reconstruction importante en 1800 a changé l’aspect intérieur de l’église. Les fenêtres gothiques d’origine ont été démolies et remplacées par des fenêtres agrandies de forme baroque et le plafond en bois a été remplacé par un plafond en plâtre.

Les fresques de la nef ne sont pas bien conservées et restent sous une couche de peinture du XXe siècle (20. stor), mais elles sont toujours visibles dans les combles.

Une tribune d’orgue termine la nef côté ouest.

Remerciements

Nous remercions Monsieur Vladislav Vrábeľ, Maire de Slatvina pour son accueil, sa disponibilité et son aide précieuse lors de notre visite ainsi que la personne qui nous a ouvert les portes de l’église.

http://www.slatvina.eu/atrakcie

Sources

Stredoveká nástenná maľba na Spiši. Milan Togner – Vladimir Plekanec. Arte Libris. 2012

Le culte des saints catholiques en Europe centrale et orientale. Jean-Pierre Irali. Ed. Romaines. 2011
Reconnaître les saints. Symboles et attributs. B. Des Graviers et T. Jacomet. Ed. Massin. 2006

Slatvina, na pozadí dejín. 1246-2006. Ondrej Fábry. Obecný úrad Slatvina. 2006

Tchécoslovaquie 21 août 1968

Charles Bugan

Un court printemps et puis… un long hiver

Ce 21 août 2018, la Slovaquie et la Tchéquie commémorent le 50e anniversaire de l’entrée des troupes du Pacte de Varsovie sur le territoire tchécoslovaque de l’époque, mettant ainsi fin au « Printemps de Prague » et au communisme à « visage humain » d’Alexander Dubček (27-11-1921 – † 7-11-1992) et surtout fin de la liberté, liberté chérie.

Une petite exposition d’un photographe du Fotoklub de la ville de Ružomberok, Fedor Polóni, témoin de ce moment, montre le désarroi des habitants des petites villes qui « ne savaient pas ce qui se passait ». Ils voyaient des avions dans le ciel, des véhicules de transport de troupe passer, tous de nationalité ″étrangère″ – soviétique, hongrois, polonais…, mais pas d’information car pas de journaux, ni de radio et pas de télévision » dit-il.

Quelques photos de cette exposition dans la rue.