Alice Hura – Charles Bugan
Božena Slančíková – Timrava (*1867 – † 1951), romancière, nouvelliste et dramaturge slovaque.
Son œuvre se compose du réalisme critique de la misère rurale et de la condition féminine sociale désenchantée de son époque. Timrava fut l’une des principales figures littéraires du mouvement de Réalisme critique slovaque. Elle connut la célébrité avec ses nouvelles : les Ťapákovci, il s’agit d’une fresque caricaturale d’une famille du village slovaque au début du 20e siècle, puis viendra la nouvelle Skon Paľa Ročku – Le décès de Paul Ročko, une fresque maitresse de la souffrance humaine. Une autre nouvelle Všetko za národ – Tout pour la nation, est caractérisée par des traits fortement autobiographiques et offre un regard sur le monde intérieur de Timrava.
Timrava est née le 2 octobre 1867, dans une famille protestante modeste du petit village de Polichno. Son père, Paul Slančík (un des membres fondateurs de l’Institution Nationale et Culturelle Matica slovenská – Matice slovaque, fondée en 1863), était alors le pasteur évangélique du petit village de Polichno, dans la région ethnographique de Novohrad en Slovaquie du sud. Sa mère, Eva Maria Honétzy, était une fille du pasteur protestant de Kyjatice dans la région de Gemer en Slovaquie centrale. Ces époux eurent onze enfants, mais seulement six enfants de l’âge adulte survécurent. Božena avec son frère Bohuslav, étaient des jumeaux.
Tous les enfants du pasteur Slančík sont éduqués d’abord par le père, mais seuls les garçons de la famille seront éduqués dans un lycée. Les filles, Božena et sa sœur Irena sont éduquées pendant une année dans l’école évangélique pour les filles à Banska Bystrica, puis elles reviennent à la maison natale et leur vie se tourne vers la ″vie au foyer″, la paroisse protestante et le village.
Božena Slančíková ne s’est jamais mariée, et comme beaucoup de femmes célibataires éduquées protestantes de l’époque, elle s’est tournée vers l’écriture. Elle et sa sœur Irena créent un journal amusant pour la jeunesse protestante locale et elle commence à écrire des textes en prose dès ses 23 ans à Polichno.
Božena Slančíková écrit sous le pseudonyme de Timrava, qui vient du nom d’une petite fontaine de la région du village de Polichno. Sous ce nom de plume, elle écrit un certain nombre de nouvelles, de romans et de pièces de théâtre. Elle décrit surtout la vie sociale rurale de son époque et le rôle social de la femme de campagne, déterminée par sa famille, puis par son mari.
L’œuvre de Božena Slančíková Timrava forme une fresque de la société slovaque rurale à la fin du 19e siècle et au début du 20e siècle, son œuvre oscille entre le souci de vérité avec un réalisme parfois caricatural et une verve pittoresque.
Le premier d’une série de nouvelles, est un récit presque autobiographique Za koho ísť (1893) – Épouser quelqu’un. Il s’agit d’une fresque de la vie de la femme célibataire stigmatisée par la société de la petite bourgeoise, cherchant un conjoint ″bon parti″ pour conclure son mariage à l’époque.
Entre 1896 et 1900 elle publié son recueil des nouvelles : Pomocník (L’aide, le commis), Ťažké položenie (La situation difficile), Tak je darmo (En vain), Pozde (Tard), Bál (Le bal), Boj (Combat), Skúsenosť (L’expérience), Bez hrdosti (Sans fierté), Velké stastie (La grande fortune), Tá zem vábna (La terre promise), Márnost všetko (Tout est vanité) et d’autres nouvelles après 1914 : les Ťapákovci (1914), Skon Paľa Ročku – Le décès de Paul Ročko (1921), Chudobná rodina – la famille pauvre (1921), Páva – la paonne (1923), Hrdinovia – les héros (1918), Všetko za národ – Tout pour la nation (1926).
Après 1918, elle écrit quelques pièces de théâtre : Chudobná rodina – la famille pauvre (1921), Páva – la paonne (1923), Odpoveď – réponse (1934).
De 1909 jusqu’en 1945 elle séjourne à Ábelová, un village voisin de Polichno, chez son frère Bohuslav, qui en était alors le pasteur protestant. De 1918 à 1929, elle travaille dans l’école maternelle du village d’Ábelová, puis elle s’établit après la seconde guerre mondiale dans la ville de Lučenec. Sa dernière nouvelle écrite est Záplava – Inondation (1938).
Elle remporte le prix au titre d’Artiste national en 1947. Elle décède le 27 novembre 1951 à Lučenec.
Monuments
Le buste de Timrava au village d’Ábelová, sculpté en 1962 par le sculpteur slovaque Karol Dúbravský (*1913-† 1995).
Le musée de la Maison natale de Timrava á Polichno, est créé en 2006 dans l’ancienne paroisse évangélique du village, classée Monument national culturel.
Musée Maison natale de Timrava à Polichno
L’ancienne maison du pasteur protestant évangélique, qui était la maison natale de la nouvelliste Timrava, sera transformée en musée en honneur à ce personnage féminin slovaque. On y trouve aussi une petite exposition ethnographique locale.
Lors de notre visite en juin 2025, ce musée de la Maison natale de Timrava à Polichno était en cours de restauration. Ce village modeste, s’il est oublié par l’état, la mairie du village et des donateurs anonymes cherchent les finances pour cette rénovation. Parmi ceux-ci on trouve la dessinatrice et bijoutière slovaque Petra Thot, qui soutient financièrement cette activité culturelle.
www.petrathot.sk

